Description
Référence : 32100
AUBRY Octave – Napoléon et l’Amour
1941, format : 120×185, 250 pages, 3 grav. ht. illustration[s].demi-reliure, bon état
AVANT-PROPOS
• Napoléon a-t-il vraiment connu l’amour? Ceux qui feuilletteront ce petit livre ne pourront guère en douter. On va répétant que les chefs ne peuvent être sensibles. Je crois que s’ils n’étaient point sensibles, ils ne seraient point des chefs.
• « Rien d’humain ne battait sous son épaisse armure… »
• a écrit Musset.
• Eh bien, Musset s’est trompé. Les poètes se trompent parfois. Napoléon a été un grand soldat que l’ambition a entraîné pour son malheur à des défauts extrêmes, il a été aussi, et là sa gloire n’a pas de taches, un administrateur, un légiste incomparables, mais il n’a pas été que cela. Il a été un homme, pareil à nous par ses faiblesses mêmes, par ses erreurs de sentiment, ses illusions et ses chagrins.
• Et il a été amoureux. Il a vraiment, franchement aimé, à des degrés divers, sans doute, avec les changements que nous imposent toujours le temps et les circonstances, avec les différences que son ascension inouïe, sa course dévorante ont apportées dans sa faculté de sentir-
• Il a aimé d’abord en disciple de Rousseau avec une naïveté, une exaltation, une mélancolie qui l’apparentent dans certains moments à ces enfants de son siècle, Werther et René. Dans certaines occasions il a aimé aussi avec hâte et même brutalité, parce qu’il est d’abord un soldat, et qu’il croit toujours « n’avoir pas de temps à perdre ». Pour Joséphine sa passion a été profonde. Elle garde après plus d’un siècle des accents qui déchirent. Il a aimé M™ Duchâtel avec des alternatives d’empressement et de froideur. Il a aimé Marie Walewska en qui il a trouvé la pureté, la noblesse qui devaient d’abord plaire à un Corse façonné à l’antique. Il a aimé enfin Marie-Louise, en mari, il est vrai, en chef de foyer, mais n’est-ce pas un des modes ordinaires de l’attachement humain?
• Ses liaisons fugitives ne sont rien, ni pour celles qu’il distingue, ni pour lui-même. Le temps, les mœurs, la cour étaient libres ; il a suivi leur pente. On peut les noter au passage, mais elles ne valent guère qu’on s’y arrête. Avec ces femmes d’une saison, il s’est montré souvent délicat et bon, toujours généreux. Certaines s’attachèrent fidèlement à lui. • Nulle à vrai dire n’a cherché à le rejoindre à Sainte-Hélène. L’Angleterre sans doute ne l’eût pas permis. Au reste, Napoléon n’y aurait point consenti. Il convenait à sa destinée de demeurer seul avec les compagnons que le hasard ou l’intérêt lui avaient donnés. Il lui convenait de souffrir sans qu’on vît sa misère. Cette admirable solitude a parfait et purifié sa gloire. Napoléon y a gagné de conquérir ces domaines de l’esprit qui se refusent au bonheur et dont, s’il eût gardé le trône, il n’aurait pas sans doute franchi le seuil. •
TABLE DES MATIÈRES
• Avant-Propos • I. — Idylles de jeunesse • II. — Joséphine • III. — La trahison • IV. — Le pardon • V. — Galanteries du Premier Consul • VI. — Les infidélités de l’Empereur • VII. — Marie • VIII. — Le divorce • IX. — Marie-Louise • X. — Les dernières amies
• Napoléon a-t-il vraiment connu l’amour? Ceux qui feuilletteront ce petit livre ne pourront guère en douter. On va répétant que les chefs ne peuvent être sensibles. Je crois que s’ils n’étaient point sensibles, ils ne seraient point des chefs.
• « Rien d’humain ne battait sous son épaisse armure… »
• a écrit Musset.
• Eh bien, Musset s’est trompé. Les poètes se trompent parfois. Napoléon a été un grand soldat que l’ambition a entraîné pour son malheur à des défauts extrêmes, il a été aussi, et là sa gloire n’a pas de taches, un administrateur, un légiste incomparables, mais il n’a pas été que cela. Il a été un homme, pareil à nous par ses faiblesses mêmes, par ses erreurs de sentiment, ses illusions et ses chagrins.
• Et il a été amoureux. Il a vraiment, franchement aimé, à des degrés divers, sans doute, avec les changements que nous imposent toujours le temps et les circonstances, avec les différences que son ascension inouïe, sa course dévorante ont apportées dans sa faculté de sentir-
• Il a aimé d’abord en disciple de Rousseau avec une naïveté, une exaltation, une mélancolie qui l’apparentent dans certains moments à ces enfants de son siècle, Werther et René. Dans certaines occasions il a aimé aussi avec hâte et même brutalité, parce qu’il est d’abord un soldat, et qu’il croit toujours « n’avoir pas de temps à perdre ». Pour Joséphine sa passion a été profonde. Elle garde après plus d’un siècle des accents qui déchirent. Il a aimé M™ Duchâtel avec des alternatives d’empressement et de froideur. Il a aimé Marie Walewska en qui il a trouvé la pureté, la noblesse qui devaient d’abord plaire à un Corse façonné à l’antique. Il a aimé enfin Marie-Louise, en mari, il est vrai, en chef de foyer, mais n’est-ce pas un des modes ordinaires de l’attachement humain?
• Ses liaisons fugitives ne sont rien, ni pour celles qu’il distingue, ni pour lui-même. Le temps, les mœurs, la cour étaient libres ; il a suivi leur pente. On peut les noter au passage, mais elles ne valent guère qu’on s’y arrête. Avec ces femmes d’une saison, il s’est montré souvent délicat et bon, toujours généreux. Certaines s’attachèrent fidèlement à lui. • Nulle à vrai dire n’a cherché à le rejoindre à Sainte-Hélène. L’Angleterre sans doute ne l’eût pas permis. Au reste, Napoléon n’y aurait point consenti. Il convenait à sa destinée de demeurer seul avec les compagnons que le hasard ou l’intérêt lui avaient donnés. Il lui convenait de souffrir sans qu’on vît sa misère. Cette admirable solitude a parfait et purifié sa gloire. Napoléon y a gagné de conquérir ces domaines de l’esprit qui se refusent au bonheur et dont, s’il eût gardé le trône, il n’aurait pas sans doute franchi le seuil. •
TABLE DES MATIÈRES
• Avant-Propos • I. — Idylles de jeunesse • II. — Joséphine • III. — La trahison • IV. — Le pardon • V. — Galanteries du Premier Consul • VI. — Les infidélités de l’Empereur • VII. — Marie • VIII. — Le divorce • IX. — Marie-Louise • X. — Les dernières amies




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