Description
Référence : 32109
KLOPSTOCK – La Messiade
Poème en 20 chants
1842, format : 130×190, 484 pages, sans illustration[s].demi-reliure, reliure légèrement frottée (voir image), quelques tâches humidité sur la page de titre(image), bon état intérieur
NOTICE SUR KLOPSTOCK.
• Frédéric-Gottlob Klopstock naquit à Quedlinbourg le 2 juillet 172. Dès l’âge de seize ans, le génie poétique qui venait de s’éveiller en lui le plongea dans une reverie méditative dont personne ne connais- sait ni l’objet ni le but; aussi l’accusa-t-on d’indolence et de paresse. Le jeune poëte (il n’avait pas encore vingt ans) répondit à ces accusations en publiant les trois premiers chants de la Messiade. Il serait difficile de décrire l’effet que produisit celte poésie nouvelle, et par le sujet qu’elle osait célébrer, et par l’harmonie inaccoutumée des hexa- mètres et des vers iambiques non rimés qui donnent tant de liberté à l’imagination. Tous les écrivains de l’époque, dont les efforts et l’ambition se bornaient à refléter avec plus ou moins d’éclat et de fidélité la littérature de la France et de l’Angleterre, furent éclipsés par l’étudiant obscur, qui se trouva tout à coup à la tète de l’école d’où sortirent plus tard Goëthe et Schiller. Mais au milieu de tant de gloire, il était dans la misère, et, pour se procurer des moyens d’existence, il fut obligé de se faire précepteur d’enfants. En 1749, le roi de Danemark, Frédéric V, ami éclairé et protecteur généreux des arts et des lettres, lui offrit un logement dans son palais et une pension d’environ trois mille francs. Klopstock accepta avec reconnaissance et partit pour Copenhague, où il acheva en peu d’années les dix premiers chants de la Messiade, et publia, sous le titre de Bardites, Hermann et Thusnelda, la Bataille de Hermann, etc., etc. Par ces chants héroïques, basés sur une mythologie nationale qui avait sur celle des Grecs et des Romains l’avantage d’offrir des divinités que les premiers peuples de la Germanie avaient adorées, et qui toutes sont des modèles de la morale la plus sévère et de l’héroïsme le plus noble, il s’était flatte d’éveiller dans son pays des sentiments patriotiques. Mais il s adressait à un peuple qui avait oublié son origine; car les Allemands, familiarisés avec les dieux d’Hésiode et d’Homère, et accoutumés a plier sous le joug des différents maîtres qui les gouvernent avec plus ou moins d’humanité et de justice, ne se souvenaient ni de leurs anciens dieux ni des héros qui s’étaient immortalisés en défendant le sol de la Germanie contre l’invasion romaine. Presque à la même époque, la mort lui enleva sa femme, Marguerite Moller, plus connue sous le nom de Melta. La douleur que lui causa celte perle, dont il ne s’est jamais consolé, suspendit ses travaux. La raison et le besoin de remplir sa vocation lui donnèrent enfin la force de les reprendre ; il acheva la Messiade et dirigea la publication des deux premières éditions, dont l’une parut à Halle, en 1769, et l’autre à Altona, en 1780.
• Cédant à son penchant pour la retraite, il s’était entièrement isolé du monde, quand la révolution fravçaise éclata et parut lui offrir la réalisation des sentiments patriotiques qu’il s’était vainement flatté d’éveiller en Allemagne. Toujours passionné pour la liberté, qu’il re- gardait comme une des plus saintes conséquences du christianisme, il composa des odes qui lui valurent le titre de citoyen français, titre qu’il abdiqua à l’époque de la terreur, mais sans cesser de s’intéresser au sort de la France. Charlotte Corday n’eut point d’admirateur plus passionné, de chantre plus zélé que Klopstock.
• Le 4 mars 1805, il mourut à Hambourg, et cet événement réveilla l’enthousiasme dont il avait été l’objet pendant sa jeunesse.
L’Allemagne comprit la perle qu’elle venait de faire, et les restes de Klopstock furent inhumés, avec une pompe royale, à Altona, près de sa chère Metta. La France n’avait pas attendu la mort du grand poëte pour lui donner un nouveau témoignage de son estime : dès 1802, l’Institut l’avait nommé membre-associé. En l’admettant dans son sein, l’Académie française avait été guidée par le généreux désir d’offrir des consolations au mérite délaissé et méconnu ; et ce mérite, elle avait pour ainsi dire été réduite à le deviner, car les traductions françaises de la Messiade étaient si loin de l’original, que Klopstock lui-meme les re- gardait comme une des plus grandes calamites de sa vie, et certes il avait le droit de s’en plaindre. MM. Anthelmi et Junker, qui, en 1772, publièrent à Paris une traduction des dix premiers chants de la Messiade, semblaient avoir pris à tâche d’en faire disparaître cette poésie grandiose et téméraire à force de sainteté, ce cachet d’inspiration divine qui a fait dire à madame de Staël : « Lorsqu’on commence ce « poème, on croit entrer dans une grande église au milieu de laquelle » un orgue se fait entendre, et l’attendrissement et le recueillement « que les temples du Seigneur inspirent s’emparent de l’âme en lisant « la Messiade. » Dans la traduction dont je viens de parler, ce poème admirable est devenu une complainte plate et bizar
• Frédéric-Gottlob Klopstock naquit à Quedlinbourg le 2 juillet 172. Dès l’âge de seize ans, le génie poétique qui venait de s’éveiller en lui le plongea dans une reverie méditative dont personne ne connais- sait ni l’objet ni le but; aussi l’accusa-t-on d’indolence et de paresse. Le jeune poëte (il n’avait pas encore vingt ans) répondit à ces accusations en publiant les trois premiers chants de la Messiade. Il serait difficile de décrire l’effet que produisit celte poésie nouvelle, et par le sujet qu’elle osait célébrer, et par l’harmonie inaccoutumée des hexa- mètres et des vers iambiques non rimés qui donnent tant de liberté à l’imagination. Tous les écrivains de l’époque, dont les efforts et l’ambition se bornaient à refléter avec plus ou moins d’éclat et de fidélité la littérature de la France et de l’Angleterre, furent éclipsés par l’étudiant obscur, qui se trouva tout à coup à la tète de l’école d’où sortirent plus tard Goëthe et Schiller. Mais au milieu de tant de gloire, il était dans la misère, et, pour se procurer des moyens d’existence, il fut obligé de se faire précepteur d’enfants. En 1749, le roi de Danemark, Frédéric V, ami éclairé et protecteur généreux des arts et des lettres, lui offrit un logement dans son palais et une pension d’environ trois mille francs. Klopstock accepta avec reconnaissance et partit pour Copenhague, où il acheva en peu d’années les dix premiers chants de la Messiade, et publia, sous le titre de Bardites, Hermann et Thusnelda, la Bataille de Hermann, etc., etc. Par ces chants héroïques, basés sur une mythologie nationale qui avait sur celle des Grecs et des Romains l’avantage d’offrir des divinités que les premiers peuples de la Germanie avaient adorées, et qui toutes sont des modèles de la morale la plus sévère et de l’héroïsme le plus noble, il s’était flatte d’éveiller dans son pays des sentiments patriotiques. Mais il s adressait à un peuple qui avait oublié son origine; car les Allemands, familiarisés avec les dieux d’Hésiode et d’Homère, et accoutumés a plier sous le joug des différents maîtres qui les gouvernent avec plus ou moins d’humanité et de justice, ne se souvenaient ni de leurs anciens dieux ni des héros qui s’étaient immortalisés en défendant le sol de la Germanie contre l’invasion romaine. Presque à la même époque, la mort lui enleva sa femme, Marguerite Moller, plus connue sous le nom de Melta. La douleur que lui causa celte perle, dont il ne s’est jamais consolé, suspendit ses travaux. La raison et le besoin de remplir sa vocation lui donnèrent enfin la force de les reprendre ; il acheva la Messiade et dirigea la publication des deux premières éditions, dont l’une parut à Halle, en 1769, et l’autre à Altona, en 1780.
• Cédant à son penchant pour la retraite, il s’était entièrement isolé du monde, quand la révolution fravçaise éclata et parut lui offrir la réalisation des sentiments patriotiques qu’il s’était vainement flatté d’éveiller en Allemagne. Toujours passionné pour la liberté, qu’il re- gardait comme une des plus saintes conséquences du christianisme, il composa des odes qui lui valurent le titre de citoyen français, titre qu’il abdiqua à l’époque de la terreur, mais sans cesser de s’intéresser au sort de la France. Charlotte Corday n’eut point d’admirateur plus passionné, de chantre plus zélé que Klopstock.
• Le 4 mars 1805, il mourut à Hambourg, et cet événement réveilla l’enthousiasme dont il avait été l’objet pendant sa jeunesse.
L’Allemagne comprit la perle qu’elle venait de faire, et les restes de Klopstock furent inhumés, avec une pompe royale, à Altona, près de sa chère Metta. La France n’avait pas attendu la mort du grand poëte pour lui donner un nouveau témoignage de son estime : dès 1802, l’Institut l’avait nommé membre-associé. En l’admettant dans son sein, l’Académie française avait été guidée par le généreux désir d’offrir des consolations au mérite délaissé et méconnu ; et ce mérite, elle avait pour ainsi dire été réduite à le deviner, car les traductions françaises de la Messiade étaient si loin de l’original, que Klopstock lui-meme les re- gardait comme une des plus grandes calamites de sa vie, et certes il avait le droit de s’en plaindre. MM. Anthelmi et Junker, qui, en 1772, publièrent à Paris une traduction des dix premiers chants de la Messiade, semblaient avoir pris à tâche d’en faire disparaître cette poésie grandiose et téméraire à force de sainteté, ce cachet d’inspiration divine qui a fait dire à madame de Staël : « Lorsqu’on commence ce « poème, on croit entrer dans une grande église au milieu de laquelle » un orgue se fait entendre, et l’attendrissement et le recueillement « que les temples du Seigneur inspirent s’emparent de l’âme en lisant « la Messiade. » Dans la traduction dont je viens de parler, ce poème admirable est devenu une complainte plate et bizar




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