Description
Référence : 32110
BORDEAUX Henry – Les déclassés
1933, format : 125×190, 294 pages, sans illustration[s].demi-reliure, bon état
A ANDRÉ CHAUMEIX
• Je vous offre ce livre en témoignage d’une amitié déjà bien ancienne et nouée sous les auspices de notre cher René Boylesve. Déjà la politique vous passionnait sans parvenir à vous détacher de la littérature. Elles ne sont pas si éloignées l’une de Vautre : les erreurs ou les sophismes de celle-ci peuvent préparer les fautes de celle-là qui les traduit en actes. Platon voulait exiler les littérateurs de la République. La nôtre se méfie d’eux pareillement, tandis qu’un Richelieu s’efforçait de les attirer en les mêlant, dans cette Académie qui, après trois cents ans, demeure encore une image de nos traditions,.aux forces vivantes du pays, évêques, maréchaux, hommes d’État, grands seigneurs, afin de les associer à cette vie générale et d’apporter à leur pensée toujours menacée^ par les rêves et les utopies anarchiques le contrepoids des puissantes réalités.
• Il y a vingt-cinq ans, et même davantage, Paid Bourget publiait l’Étape où il montrait la nécessité dans une société régulière, de l’ascension par écheions si l’on veut éviter le désordre des cupidités et des ambitions déplacées. On ne passe pas sans danger d’une situation inférieure à un poste de premier plan, sauf les exceptions du génie. Mais voici qu’il n’est plus question d’étape à franchir dans un temps où toutes les barrières sont ouvertes et tous les cadres brisés. C’est ce phénomène du déclassement que j’ai voulu mettre en action.
• Les Déclassés ! Je n’osais pas prendre ce titre tant j’étais sûr que, répondant à d’innombrables aventures contemporaines, il avait dû être employé. Paul Bourget m’assure qu’il l’a relevé jadis en tête d’un recueil d’articles de Jacques Vingtras (Jules Vallès). Un bibliophile m’avertit qu’il a servi à une comédie en trois actes et un épilogue d’un auteur dramatique oublié, Frédéric Séchard, représentée au Vaudeville en 1856. Je puis donc m’en servir sans risque de confusion. Les déclassés : il suffit d’ouvrir les yeux pour en apercevoir dans tous les mondes. Déclassement par en haut et par en bas. Déclassement d’une aristocratie qui a perdu sa raison d’être, que la suite de nos gouvernements ne sait plus ou ne veut plus utiliser dans la crainte des élites, et qui a d’elle-même trop souvent pratiqué l’émigration à l’intérieur quand l’armée, la diplomatie, la terre lui demeurent et quand elle continue d’y faire merveille dès qu’elle veut s’en donner la peine ; qu’elle n’oublie jamais le conseil de Joseph de Maistre écrivant au comte de Blacas que nul ne… •
TABLE DES MATIERES
• — Château à vendre • — Le retour • — Le geste • — Le refuge • — Les travaux agricoles • — Pernette • — Mabel • — La consultation • — Le mariage • — Jérémie Fégère à Paris • — Le maire de Saint-Paul • — L’article 960 • — Le retour • — L’incendiaire • — Le départ
• Je vous offre ce livre en témoignage d’une amitié déjà bien ancienne et nouée sous les auspices de notre cher René Boylesve. Déjà la politique vous passionnait sans parvenir à vous détacher de la littérature. Elles ne sont pas si éloignées l’une de Vautre : les erreurs ou les sophismes de celle-ci peuvent préparer les fautes de celle-là qui les traduit en actes. Platon voulait exiler les littérateurs de la République. La nôtre se méfie d’eux pareillement, tandis qu’un Richelieu s’efforçait de les attirer en les mêlant, dans cette Académie qui, après trois cents ans, demeure encore une image de nos traditions,.aux forces vivantes du pays, évêques, maréchaux, hommes d’État, grands seigneurs, afin de les associer à cette vie générale et d’apporter à leur pensée toujours menacée^ par les rêves et les utopies anarchiques le contrepoids des puissantes réalités.
• Il y a vingt-cinq ans, et même davantage, Paid Bourget publiait l’Étape où il montrait la nécessité dans une société régulière, de l’ascension par écheions si l’on veut éviter le désordre des cupidités et des ambitions déplacées. On ne passe pas sans danger d’une situation inférieure à un poste de premier plan, sauf les exceptions du génie. Mais voici qu’il n’est plus question d’étape à franchir dans un temps où toutes les barrières sont ouvertes et tous les cadres brisés. C’est ce phénomène du déclassement que j’ai voulu mettre en action.
• Les Déclassés ! Je n’osais pas prendre ce titre tant j’étais sûr que, répondant à d’innombrables aventures contemporaines, il avait dû être employé. Paul Bourget m’assure qu’il l’a relevé jadis en tête d’un recueil d’articles de Jacques Vingtras (Jules Vallès). Un bibliophile m’avertit qu’il a servi à une comédie en trois actes et un épilogue d’un auteur dramatique oublié, Frédéric Séchard, représentée au Vaudeville en 1856. Je puis donc m’en servir sans risque de confusion. Les déclassés : il suffit d’ouvrir les yeux pour en apercevoir dans tous les mondes. Déclassement par en haut et par en bas. Déclassement d’une aristocratie qui a perdu sa raison d’être, que la suite de nos gouvernements ne sait plus ou ne veut plus utiliser dans la crainte des élites, et qui a d’elle-même trop souvent pratiqué l’émigration à l’intérieur quand l’armée, la diplomatie, la terre lui demeurent et quand elle continue d’y faire merveille dès qu’elle veut s’en donner la peine ; qu’elle n’oublie jamais le conseil de Joseph de Maistre écrivant au comte de Blacas que nul ne… •
TABLE DES MATIERES
• — Château à vendre • — Le retour • — Le geste • — Le refuge • — Les travaux agricoles • — Pernette • — Mabel • — La consultation • — Le mariage • — Jérémie Fégère à Paris • — Le maire de Saint-Paul • — L’article 960 • — Le retour • — L’incendiaire • — Le départ



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