Description
Référence : 32289
Bély Lucien – La Normandie
1978, format : 165×230, 32 pages, nb en coul. illustration[s].broché, bon état
Hommes du Nord, Northmen, Normands, à l’assaut des côtes
C’est au début du IXe siècle qu’apparurent, en baie de Seine, les premiers Northmen, ou Normands, ces « hommes du Nord » qui donnèrent à cette partie de la Gaule leur nom. Il résonnait déjà dans le monde entier, jusqu’aux confins de la Russie. Les Vikings, comme on les appela aussi, étaient surtout des Danois et des Norvégiens.
Ces marins sont-ils chassés par la pauvreté de leur terre natale et attirés par les richesses des côtes méridionales ? Ou bien ce vaste mouvement des peuples tient-il à l’effort continu et violent des rois carolingiens, depuis Charlemagne, pour repousser, toujours plus loin vers l’est et le nord, les frontières de la chrétienté et de la civilisation latine ? Ou bien sont-ce quelques princes aventuriers, audacieux, implacables, indomptables qui quittent ces pays où ils n’ont plus leur place pour devenir ces héros fabuleux et surhumains des sagas, les poèmes épiques du Nord ? Pillards et païens, ces « rois de la mer» lancent sur les côtes de France des expéditions de plus en plus fréquentes et de plus en plus sanglantes, tout au long du IXe siècle. Leurs admirables bateaux, ces drakkars, ou snekkars, ou « esnèques », longs, effilés, souples et rapides, affrontent avec leurs dragons, sculptés à la poupe et à la proue, les plus terribles tempêtes. La « Tapisserie de Bayeux » révèle bien, deux siècles plus tard, la permanence, mais aussi la finesse de ces embarcations. Grâce à leur faible tirant d’eau, elles peuvent remonter les rivières comme la Seine. Les Normands pénètrent chaque année plus profondément dans les terres. Leurs bandes répandent partout la terreur. Le vol, le viol et la mort.
Mais ces Vikings n’étaient pas les premiers envahisseurs. Les hommes de l’âge de bronze avaient fait de la vallée de la Seine un lieu de passage vers les fabuleuses îles Cassitérí- des, le royaune de l’étain. Les Celtes de la Gaule s’y fixèrent. Leurs tribus ont laissé leurs noms aux pays de la Normandie : les Véliocasses au Vexin et les Calètes au pays de Caux. Puis vint le temps de l’occupant romain : trois siècles de paix. A Juliobona, ou Lillebonne, un théâtre ancien, ou les ruines d’un fort, à Jublains, en conservent, entre autres, le souvenir. Les Saxons, en grandes vagues, ébranlèrent cette domination et s’installèrent solidement. Enfin, les Francs imposèrent leurs mœurs à l’aristocratie : ils firent la puissance du diocèse de Rouen et des premières abbayes.
Ces monastères surtout fascinaient les Normands païens. L’or y avait été accumulé, au cours des siècles, pour embellir les objets du culte. Les brigands s’emparaient des ciboires et des châsses, faciles à transporter sur leurs bateaux, puis brûlaient les bâtiments monastiques. Les moines, pour échapper à la mort, durent fuir devant cette menace permanente. Jumièges fut abandonnée aux bêtes féroces et aux oiseaux de proie. Les reliques des saints fondateurs étaient emportées au loin, vers l’est et vers le sud.
Les Vikings étaient aussi des paysans. Ils renoncèrent bientôt à leurs expéditions annuelles et tentèrent de s’installer sur ces côtes riches et fertiles. Autour de l’estuaire de la Seine et à la pointe du Cotentin, ils se taillèrent de vastes domaines. N’avaient-ils pas lancé à la mer des piliers de bois provenant de leurs maisons abandonnées….



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