Description
Référence : 32320
BOUFFANAIS Jean – La Terre de Brie
Poème, édition originale
1920, format : 135×215, 13 pages, sans illustration[s].broché, bon état
PROLOGUE
On peut le distinguer le noble sol de Brie
Parmi les régions de la grande Patrie !
Je l’ai foulé souvent jusque dans les sentiers
De Provins à Melun, de Meaux à Coulommiers.
Dans les bois de Cesson, j’endurai sous la neige
Un hiver rigoureux. Là, mobilisé, n’ai-je
Point erré très heureux parmi les arbres noirs?
Ne me perdis-je pas loin du camp certains soirs
Etant parti chercher, dans l’ombre où l’on trébuche
Au milieu de gros tas, des fagots, une bûche,
Pour chauffer si possible un long baraquement
Où pénétrait le gel et murmurait le vent?
Et n’ai-je pas ouvert en pesant sur la pelle
Des deux mains et du pied — il le fallait — la belle
Argile de Brie épaisse et lourde. On creusait
La tranchée entre jeunes soldats. Temps de paix,
Cependant, sachez le. Minerve, l’œil sévère,
Venait de mettre un terme à la terrible guerre,
Abaissait l’olivier vers les peuples souffrants
Et la Victoire ailée offrait la palme aux Francs.
Pour la première fois, ainsi, la douce Brie
Parut à mon regard : dès lors je l’ai chérie.
Je la quittai bientôt. Mais quoi ! Trois ans plus tard.
Pour cette région voici que je repars :
Oui, l’Université, flattant mon espérance,
Sur les bords du Morin fixait ma résidence,
Et je connus la Brie autour de Coulommiers,
Je connus ses beaux blés et ses champs de pommiers
Je connus ses bœufs blancs et ses gras pâturages
Ses légumes, son lait, son beurre et ses fromages.
JEAN BOUFFANAIS
On peut le distinguer le noble sol de Brie
Parmi les régions de la grande Patrie !
Je l’ai foulé souvent jusque dans les sentiers
De Provins à Melun, de Meaux à Coulommiers.
Dans les bois de Cesson, j’endurai sous la neige
Un hiver rigoureux. Là, mobilisé, n’ai-je
Point erré très heureux parmi les arbres noirs?
Ne me perdis-je pas loin du camp certains soirs
Etant parti chercher, dans l’ombre où l’on trébuche
Au milieu de gros tas, des fagots, une bûche,
Pour chauffer si possible un long baraquement
Où pénétrait le gel et murmurait le vent?
Et n’ai-je pas ouvert en pesant sur la pelle
Des deux mains et du pied — il le fallait — la belle
Argile de Brie épaisse et lourde. On creusait
La tranchée entre jeunes soldats. Temps de paix,
Cependant, sachez le. Minerve, l’œil sévère,
Venait de mettre un terme à la terrible guerre,
Abaissait l’olivier vers les peuples souffrants
Et la Victoire ailée offrait la palme aux Francs.
Pour la première fois, ainsi, la douce Brie
Parut à mon regard : dès lors je l’ai chérie.
Je la quittai bientôt. Mais quoi ! Trois ans plus tard.
Pour cette région voici que je repars :
Oui, l’Université, flattant mon espérance,
Sur les bords du Morin fixait ma résidence,
Et je connus la Brie autour de Coulommiers,
Je connus ses beaux blés et ses champs de pommiers
Je connus ses bœufs blancs et ses gras pâturages
Ses légumes, son lait, son beurre et ses fromages.
JEAN BOUFFANAIS



Avis
Il n’y a pas encore d’avis.