Description
Référence : 32395
CHACK Paul – Sur les bancs de Flandre
1927, format : 125×190, 275 pages, illustration[s] : 5 cartes, broché, bon état
SUR LES BANCS DE FLANDRE
NOUVELLE ÉDITION REVUE ET AUGMENTÉE CONTENANT CINQ CARTES DRESSÉES PAR PAUL CHACK
LES BANCS DE FLANDRE
Si, pour quelque passage miraculeux, les eaux du Pas de Calais, comme autrefois celles de la mer Rouge, étaient soudain refoulées, découvrant le fond de l’abîme entre Calais et la frontière de Hollande, une nécropole apparaîtrait. Cimetière accidenté. Étendue couverte de collines longues et basses qui sont les bancs de Flandre, mamelons de sable gris et de coquillages brisés que séparent des vallées de vase noire où dorment les vaisseaux morts. Antiques trois-ponts des anciennes batailles enlisés par les boues et patiemment ensevelis par les limons de Meuse et d’Escaut. Victimes de la guerre et victimes de la mer. Vaisseaux trahis par la brume ou drossés par les vents et les courants jusqu’à talonner sur les sommets de ces collines qui affleurent à basse mer. Éventrés, ils ont glissé vers le fond des vallées, mâtures hautes, vergues brassées, voilures établies. La mer a corrodé les ferrures, pourri les emplantures des mâts ; le flot et le jusant ont arraché les voiles lambeau par lambeau, tandis que dans les cales et dans les entreponts pullulaient les tarets rongeurs.
Vaisseaux disparus, vaisseaux oubliés comme sont oubliés leurs équipages.
Il en est d’autres dont il faut parler bien vite : morts de 1914-1918 dont seuls se souviennent encore ceux qui pleurent les gens de leur sang noyés sur les bancs de Flandre.
Les passagers français, traversant aujourd’hui la Manche entre Calais et Douvres, entre Boulogne et Folkestone, songent-ils à saluer les morts de nos torpilleurs d’escadre Branlebas, Étendard et Yatagan, de nos torpilleurs de défense mobile 251, 317 et 319, de nos dragueurs de mines Marie, Alose, Au Revoir, Blanc-Nez, Elisabeth et, Jupiter, de nos chalutiers Saint-Pierre, Jésus-Maria, Saint-Corentin, Montaigne, Saint-Louis II, Saint- Louis III, Marie-Thérèse, Lorraine III, Alcyon et Printemps, de notre patrouilleur Estafette’ et de nos deux chasseurs de sous-marins et de nos trente barques de pêche?
Les passagers anglais, traversant aujourd’hui la Manche de Douvres à Calais ou de Folkestone à Boulogne, pensent-ils aux hommes des des- troyers Ghurha, Maori, Flirt, Paragon et North-Star, du monitor M. 21, des chalutiers Persisticey Clover-Banh, Protect, Red-Car, Spotless-Prince, Ajax, Gleaner-of-the-Sea, Datum et Launch-Out et des trente dragueurs de mines, toutes épaves qui vibrent encore dans le remous des paquebots indifférents ? Ces paquebots-là vivent encore grâce à ces morts qu’ils oublient et près desquels gisent, au fond des couloirs d’entre les bancs, plus de trente sous-marins ennemis dont les gouvernails bloqués tout à montée semblent des nageoires de squales crevés, crispées dans un effort désespéré vers la vie.
Ces paquebots-là transportent trop de gens qui ne connaissent plus que les chiffres. Eh bien, voici des chiffres. Sur la côte de France, entre le Havre et Dunkerque, six millions d’hommes ont débarqué, venus des ports du Kent et du Sussex. Vers les ports du Sussex et du Kent sont partis de France un million de blessés et de malades. Sept millions d’hommes ont passé. Pas un seul n’a péri en mer. Pourtant, une fois la Belgique occupée, les Allemands n’étaient pas à cent kilomètres du tra- fic, deux heures pour un torpilleur à toute allure(1).
(1) Les mots torpilleur d’escadre » ou simplement torpil- leur quand il sera question des Français ou des Allemands, et le mot cc destroyer » quand il s’agira des Anglais, désigneront, dans ce récit, le type de bâtiments qu’on appelait autrefois chez nous contre-torpilleur », ce qui traduisait exactement l’expression anglaise torpedo-boat dcslrouer D. Le tonnage des torpilleurs et des destroyers varie, selon les modèles, entre 350 et 1 000 tonnes.
TABLE DES MATIERES
LES BANCS DE FLANDRE . • LA PATROUILLE. . . . • SOUS-MARINS ALLEMANDS ET CHALUTIERS FRANÇAIS . . • LA SAINTE-JEHANNE • L’ ORIFLAMME » ET LE BRANLEBAS » . • CANONS ANGLAIS . • LA MORT DU SAINT-PIERRE » . . . . . • LA FIN DU « BRANLEBAS » . . . . • LA MAISON CATULLE. .. . • COMMENT VIENNENT LES MINES . . . • LES DRAGUEURS CHERCHENT • L’ « ALOSE » TROUVE… ET MEURT. . • L’AMIRAL RONARC’H A DUNKERQUE. . . • LE CHALUTIER MONTAIGNE » • L’HIVER SAUVAGE. . . • LES AVIONS .. . . • L’AFFAIRE DU WEST-DIEP. . . • LA RECONNAISSANCE DU 26 MAI 1917. . • LE COMBAT DES BANCS DE FLANDRE. . . . • LES COUPS DE MASSUE •


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