Description
Référence : 32397
PILLEMENT Georges – L’Espagne inconnue
1954, format : 140×195, 286 pages, illustration[s] : 77, broché, bon état
L’ESPAGNE INCONNUE
Itinéraires archéologiques
Nouvelle édition revue et augmentée
illustrée de 77 photographies de l’auteur
Vingt voyages et un séjour d’un an en Espagne m’ont donné de ce pays une connaissance qui peut me permettre de parler d’une Espagne inconnue de la majorité des touristes, celle qu’ils auront le plus de plaisir à découvrir, celle qui leur apportera plus de joies et de surprises qu’un voyage d’exploration dans les forêts dites vierges, de l’Amazone ou de l’Afrique équatoriale
Plus que dans les grandes villes, c’est dans les petits bourgs qu’il convient d’aller pour bien pénétrer l’âme de l’Espagne, pour comprendre tout ce qu’elle représente de fidélité à un passé aboli, de résignation et de sagesse.
Le lecteur trouvera dans ce livre vingt itinéraires qui lui permettront de découvrir les villes d’art, en dehors des circuits que le touriste suit habituellement, les monastères et les châteaux les plus représentatifs de la splendeur architecturale de l’Espagne. Il sera émerveillé par les églises wisigothes, mozarabes, asturiennes, qui remontent parfois au VIe ou au VIIe siècle et qui témoignent d’un art si original, par les églises mudéjares qui mêlent si heureusement les formes d’art arabes et chrétiennes, par les monastères romans, bénédictins ou cisterciens, d’une si admirable pureté, par les châteaux forts mieux conservés que partout ailleurs, par les chefs-d’œuvre de l’art plateresque si typiquement espagnol et par tant d’œuvres baroques si savoureuses.
La plupart de ces édifices étonnants se trouvent en dehors des villes, ou dans des petites cités restées à l’écart des grandes routes. Vous aurez l’occasion en partant à leur recherche de mieux faire connaissance avec le peuple espagnol. Je vous indique les petites fondas très propres, très sympathiques, dans lesquelles je suis descendu et où vous serez traités comme des amis. Vous aurez l’impression, malgré les commodités de l’auto, de découvrir l’Espagne comme, vers 1830. Alexandre Dumas et Théophile Gautier. Dépêchez-vous, pendant qu’il en est encore temps : les pueblos de Castille et d’Andalousie, de Galice et des Asturies, de la Navarre et de l’Aragon, de la Catalogne et du Levant vous attendent.
Depuis quelques années, les Français découvrent l’Espagne. Les uns parce qu’on leur a dit que la vie y était moins chère que chez nous et pour rapporter des chaussures. D’autres, pour s’installer sur une plage de la Costa Brava ou des Baléares. Mais certains ont le désir de vraiment connaître l’Espagne, ils visitent ses villes d’art les plus célèbres : Burgos, Tolède, Avila, Ségovie, Salamanque en Castille, Grenade, Cordoue et Séville, en Andalousie. Mais, en général, avec le Prado et l’Escorial, qu’ils voyagent en chemin de fer ou en automobile, c’est à peu près tout ce qu’ils auront connu de l’Espagne.
Vingt voyages et un séjour d’un an en Espagne m’ont donné de ce pays une connaissance qui peut me permettre de parler d’une Espagne inconnue de la majorité des touristes celle qu’ils auront le plus de plaisir à découvrir, celle qui leur apportera plus de joies et plus de surprises qu’un voyage d’exploration dans les forêts, dites vierges, de l’Amazone ou de l’Afrique équatoriale.
Il n’y a plus rien à découvrir dans aucun pays d’Europe, même en France et en Italie, si riches en beautés cachées, méconnues parfois, mais non pas ignorées. En Espagne, cependant, le manque de routes, une certaine indolence, la pauvreté du pays, ont fait que des régions entières sont encore ignorées du touriste. Des routes nationales les traversent dont le voyageur ne s’écarte pas, sans se douter qu’à quelques kilomètres de là se dresse un édifice qui lui ferait pousser des cris d’admiration.
S’il veut découvrir cette Espagne inconnue, qu’il se dépêche avant que le progrès, qui jusqu’ici avait épargné la plus grande partie de la péninsule ne vienne lui ravir cette sorte d’enchantement que lui ont conservé jusqu’ici le caractère de ses habitants, la forme de ses institutions et, hélas, sa pauvreté.
Si on excepte une partie de la Catalogne et les grandes villes, partout en Espagne on peut avoir l’illusion de reculer dans le temps de cent ans en arrière.
L’automobiliste est, pour ainsi dire, presque seul sur la route. Il croise de loin en loin, une charrette de paysan qui est semblable à celles que rencontraient Alexandre Dumas et Théophile Gautier lorsqu’ils découvraient l’Espagne vers 1830. En Galice, ce sera un cavalier qui pressera les flancs de son petit cheval arabe avec ses grands étriers. L’auto et la bicyclette sont un luxe ignoré des paysans des villages reculés de Castille, d’Extrémadure ou d’Andalousie.
Aussi, les pueblos n’ont guère changé depuis Philippe II ou Philippe V. Construites en pierre, en briques ou en torchis, les maisons ont la couleur du sol : grises quand le sol est gris, rouges quand le sol est rouge. Elles se confondent avec lui, font corps avec lui. Pas de fausses notes comme en France où, partout, le paysage est déshonoré par la tuile mécanique, le ciment mouluré, la fonte et la brique creuse. Là-bas, pour quelques temps encore, dans les bourgades du moins, l’harmonie reste totale entre les créations de l’homme et le cadre qui les entoure.
Si les paysages de Catalogne rappellent ceux du Roussillon et la Provence, si ceux des provinces basques, des Asturiers et de la Galice se rapprochent de notre pays basque, du Béarn et de la Bretagne, tout le reste de l’Éspagne étonne et choque parfois le touriste français qui n’est pas habitué à voir ces étendues désolées, arides et désertiques si fréquentes dans la péninsule.
Mais quelle grandeur dans ces plateaux de Castille, d’Aragon et d’Extrémadure aux étendues bosselées, cahotiques, où les collines se chevauchent, où parfois pas un arbre n’apparaît. Il semble que dans ce pays dévoré par le soleil le paysan a peur de l’ombre que produirait un arbre, a peur que cette ombre le prive d’une part si minime soit-elle de sa maigre récolte.
L’austérité, la noblesse de ces paysages nous font mieux comprendre le caractère espagnol, nous expliquent le génie des poètes et des dramaturges du Siècle d’Or, Cervantes et Gongora, Calderón et Lope de Vega,
TABLE DES MATIÈRES
Nouvelle édition revue et augmentée
illustrée de 77 photographies de l’auteur
Vingt voyages et un séjour d’un an en Espagne m’ont donné de ce pays une connaissance qui peut me permettre de parler d’une Espagne inconnue de la majorité des touristes, celle qu’ils auront le plus de plaisir à découvrir, celle qui leur apportera plus de joies et de surprises qu’un voyage d’exploration dans les forêts dites vierges, de l’Amazone ou de l’Afrique équatoriale
Plus que dans les grandes villes, c’est dans les petits bourgs qu’il convient d’aller pour bien pénétrer l’âme de l’Espagne, pour comprendre tout ce qu’elle représente de fidélité à un passé aboli, de résignation et de sagesse.
Le lecteur trouvera dans ce livre vingt itinéraires qui lui permettront de découvrir les villes d’art, en dehors des circuits que le touriste suit habituellement, les monastères et les châteaux les plus représentatifs de la splendeur architecturale de l’Espagne. Il sera émerveillé par les églises wisigothes, mozarabes, asturiennes, qui remontent parfois au VIe ou au VIIe siècle et qui témoignent d’un art si original, par les églises mudéjares qui mêlent si heureusement les formes d’art arabes et chrétiennes, par les monastères romans, bénédictins ou cisterciens, d’une si admirable pureté, par les châteaux forts mieux conservés que partout ailleurs, par les chefs-d’œuvre de l’art plateresque si typiquement espagnol et par tant d’œuvres baroques si savoureuses.
La plupart de ces édifices étonnants se trouvent en dehors des villes, ou dans des petites cités restées à l’écart des grandes routes. Vous aurez l’occasion en partant à leur recherche de mieux faire connaissance avec le peuple espagnol. Je vous indique les petites fondas très propres, très sympathiques, dans lesquelles je suis descendu et où vous serez traités comme des amis. Vous aurez l’impression, malgré les commodités de l’auto, de découvrir l’Espagne comme, vers 1830. Alexandre Dumas et Théophile Gautier. Dépêchez-vous, pendant qu’il en est encore temps : les pueblos de Castille et d’Andalousie, de Galice et des Asturies, de la Navarre et de l’Aragon, de la Catalogne et du Levant vous attendent.
Depuis quelques années, les Français découvrent l’Espagne. Les uns parce qu’on leur a dit que la vie y était moins chère que chez nous et pour rapporter des chaussures. D’autres, pour s’installer sur une plage de la Costa Brava ou des Baléares. Mais certains ont le désir de vraiment connaître l’Espagne, ils visitent ses villes d’art les plus célèbres : Burgos, Tolède, Avila, Ségovie, Salamanque en Castille, Grenade, Cordoue et Séville, en Andalousie. Mais, en général, avec le Prado et l’Escorial, qu’ils voyagent en chemin de fer ou en automobile, c’est à peu près tout ce qu’ils auront connu de l’Espagne.
Vingt voyages et un séjour d’un an en Espagne m’ont donné de ce pays une connaissance qui peut me permettre de parler d’une Espagne inconnue de la majorité des touristes celle qu’ils auront le plus de plaisir à découvrir, celle qui leur apportera plus de joies et plus de surprises qu’un voyage d’exploration dans les forêts, dites vierges, de l’Amazone ou de l’Afrique équatoriale.
Il n’y a plus rien à découvrir dans aucun pays d’Europe, même en France et en Italie, si riches en beautés cachées, méconnues parfois, mais non pas ignorées. En Espagne, cependant, le manque de routes, une certaine indolence, la pauvreté du pays, ont fait que des régions entières sont encore ignorées du touriste. Des routes nationales les traversent dont le voyageur ne s’écarte pas, sans se douter qu’à quelques kilomètres de là se dresse un édifice qui lui ferait pousser des cris d’admiration.
S’il veut découvrir cette Espagne inconnue, qu’il se dépêche avant que le progrès, qui jusqu’ici avait épargné la plus grande partie de la péninsule ne vienne lui ravir cette sorte d’enchantement que lui ont conservé jusqu’ici le caractère de ses habitants, la forme de ses institutions et, hélas, sa pauvreté.
Si on excepte une partie de la Catalogne et les grandes villes, partout en Espagne on peut avoir l’illusion de reculer dans le temps de cent ans en arrière.
L’automobiliste est, pour ainsi dire, presque seul sur la route. Il croise de loin en loin, une charrette de paysan qui est semblable à celles que rencontraient Alexandre Dumas et Théophile Gautier lorsqu’ils découvraient l’Espagne vers 1830. En Galice, ce sera un cavalier qui pressera les flancs de son petit cheval arabe avec ses grands étriers. L’auto et la bicyclette sont un luxe ignoré des paysans des villages reculés de Castille, d’Extrémadure ou d’Andalousie.
Aussi, les pueblos n’ont guère changé depuis Philippe II ou Philippe V. Construites en pierre, en briques ou en torchis, les maisons ont la couleur du sol : grises quand le sol est gris, rouges quand le sol est rouge. Elles se confondent avec lui, font corps avec lui. Pas de fausses notes comme en France où, partout, le paysage est déshonoré par la tuile mécanique, le ciment mouluré, la fonte et la brique creuse. Là-bas, pour quelques temps encore, dans les bourgades du moins, l’harmonie reste totale entre les créations de l’homme et le cadre qui les entoure.
Si les paysages de Catalogne rappellent ceux du Roussillon et la Provence, si ceux des provinces basques, des Asturiers et de la Galice se rapprochent de notre pays basque, du Béarn et de la Bretagne, tout le reste de l’Éspagne étonne et choque parfois le touriste français qui n’est pas habitué à voir ces étendues désolées, arides et désertiques si fréquentes dans la péninsule.
Mais quelle grandeur dans ces plateaux de Castille, d’Aragon et d’Extrémadure aux étendues bosselées, cahotiques, où les collines se chevauchent, où parfois pas un arbre n’apparaît. Il semble que dans ce pays dévoré par le soleil le paysan a peur de l’ombre que produirait un arbre, a peur que cette ombre le prive d’une part si minime soit-elle de sa maigre récolte.
L’austérité, la noblesse de ces paysages nous font mieux comprendre le caractère espagnol, nous expliquent le génie des poètes et des dramaturges du Siècle d’Or, Cervantes et Gongora, Calderón et Lope de Vega,
TABLE DES MATIÈRES
Itinéraire sommaire en Castille • Autour de Burgos • De Burgos à Palencia • De Palencia à Léon • D’Avila à Aranda de Duero • L’Architecture plateresque et la sculpture polychrome à Valladolid • De Segovie à Soria • D’Avila à Séville • Carmona • De Séville à Malaga • De Grenade à Almeria • De Grenade à Ubeda • D’Almeria à Valencia • Retours à Valencia • Autour de Valencia • De Valencia à Madrid • De Valencia à Calatayud • De Puigcerda à Tarragone • De Saint-Sébastien à Santander • De Santander à Oviedo • D’Oviedo à Léon • De Burgos à Pampelune et Roncevaux • De Soria à Jaca • VILLES ET DES LIEUX VISITÉS • ILLUSTRATIONS •


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