Description
Référence : 32399
De LASARTE Juan Arnaud – TOSSA (Espagne)
Photos de Fazio
1957, format : 165×215, 96 pages, illustration[s] : nb en n&b et coul., relié toile, bon état
TOSSA
PRÉSENTATION de JUAN AINAUD DE LASARTE
PHOTOGRAPHIES de FAZIO
NOTICES GÉOGRAPHIQUES, ARCHÉOLOGIQUES ET HISTORIQUES de JOSÉ MARÍA AINAUD DE LASARTE
La beauté et le caractère de Tossa peuvent paraître simples, naturels et immuables. Il est en effet, dans cette ville, quelque chose dont la perfection ne change pas et que nous ne saurions trouver nulle part ailleurs. L’ondoyante diaprure de ses aspects atteint, toutefois, d’étonnantes limites.
Il n’est guère surprenant que la grande et la petite histoire aient marqué de leur empreinte bien des coins de Tossa. Il est donc peut- être plus utile de remarquer que c’est aussi dans le cadre naturel de la ville que nous n’en finissons pas de découvrir, pour notre émerveillement, de nouveaux objets.
Le bonheur de nos découvertes peut dépendre de la durée de notre séjour, de l’acuité de notre esprit d’observation et de la force de notre désir de pénétrer chacun des éléments du paysage.
Il y a, d’abord, la beauté du site même de Tossa, le promontoire de la «Vila Vella» avec son enceinte de murailles et le reste de la ville qui s’étale devant la rade, entre la plage et le penchant des coteaux.
Puis c’est la mer aux fonds sombres ou clairs, les écueils et les falaises, les grottes et les calanques —chacune avec une personnalité fermement définie— dont une foule de noms permettent de fixer, de distinguer et de retenir chaque détail.
Ce sont aussi les vignes, les jardins potagers et les champs. Et la «Riera», le cours d’eau dont les ramifications couvrent un large bassin et qui, quoiqu’il puisse en été passer parfois inaperçu, n’en présente pas moins des aspects d’une beauté indéniable. Si nous en remontons le cours, nous voyons les masies, les maisons de campagne, peu nombreuses et clairsemées, et, plus haut, la montagne et les bois, les vallons et les sommets ouverts aux larges horizons.
Tout cela, grouillant de la vie des plantes et des animaux. Et de celle des hommes aussi: le pêcheur, le maçon, l’épicier, le paysan, le charbonnier. N’oublions pas, du reste, le monde composite et bigarré des étrangers, dont le caractère n’est pas plus uniforme: peintres, touristes, gens du pays et d’ailleurs qui ne font que passer ou qui s’installent pour un long séjour. Et il faut songer encore aux hommes du passé: les colonisateurs, les seigneurs féodaux et leurs serfs, les navigateurs et les marchands, les mestres d’aixa, les industriels et les ouvriers. Ce passé n’est pas toujours aussi lointain qu’il en a l’air et, quoiqu’il n’ait plus aucun rôle dans la vie de nos jours, il suffit de souhaiter le connaître pour le voir affleurer dans le souvenir.
Toutes les grandes périodes de l’histoire n ont pas laissé à Tossa des vestiges d’une importance égale, mais il n est aucune époque qui n’en ait laissé de visibles.Malgré les pierres d’un dolmen ou tombeau mégalithique encore debout en plein bois, non loin de l’ancien ermitage de la «Mare de Déu de Gràcia», et quoique le nom ancien de la ville, Turissa, soit apparemment antérieur aux Romains, c’est avec la venue de ceux-ci que commence, pour notre connaissance, le passé de Tossa.
Les premiers colonisateurs sont probablement arrivés de la ville d’Emporion établie par les Grecs sur le rivage du golfe de Roses. En tout cas, les monnaies les plus anciennes que l’on ait trouvées à Tossa sont des as romains, de bronze, mêlés à des pièces emporitaines de la même époque et du même métal.
A «Els Ametllers», près de l’entrée du bourg actuel, on peut visiter les fouilles des ruines d’une grande ville romaine dont la partie la plus récente —du IVème siècle de notre ère, peut-être— a conservé dans ses mosaïques, riches quoiqu’un peu barbares, ce nom de Turissa que j’ai déjà cité.
Par la suite, au moyen âge, ce nom est devenu Tursia et Torsa, puis Tossa. Ce n’est qu’assez récemment et pour le tourisme qu’il a pris le complément «de Mar».
La Vila Vella constitue, encore de nos jours, un souvenir éloquent du moyen âge et de la féodalité. Toutefois, ses origines ne remontent point aux premiers temps de cette époque et le régime féodal n’y prit fin qu à un moment assez avancé déjà dans les temps modernes.
Lorsqu au mois de juin de 1 année 966 les exécuteurs testamentaires de Mir, comte de Barcelone, remirent le territoire de Tossa au célèbre monastère bénédictin de Ripoll, la tradition antique n’y était pas, probablement, entièrement perdue. Nous savons qu’il y avait, comme édifices remarquables, deux églises et une forteresse. Les églises étaient celles de saint Vincent (patron, aujourd’hui encore, de la paroisse de ossa) et celle de saint Léonce (dont le nom est gardé par le lieu dit bant Lionç ou Salions).


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