Description
Référence : 32403
PEILLARD Léonce – YOUGOSLAVIE
1955, format : 165×215, 126 pages, illustration[s] : nombreuses, cartonné avec jaquette, jaquette abîmée (voir image), bon état intérieur
YOUGOSLAVIE
PRÉSENTATION de LÉONCE PEILLARD PHOTOGRAPHIES de Mladen GREVI
NOTICES GÉOGRAPHIQUES, HISTORIQUES ET ARCHÉOLOGIQUES de MYRIANA
Les Albums les Guides Bleus
Située aux confins des pays slaves, baignée au sud-ouest par une Adriatique longtemps dominée par les trirèmes romaines puis par les vaisseaux des puissants doges de Venise, avec, au sud, cette Macédoine encore tout imprégnée d’Islamisme, la Yougoslavie, petite par sa surface, grande par son histoire, a su amalgamer, dans le creuset ardent de ses champs de bataille, blonds Slovènes aux yeux bleus, Serbes intelligents et rétifs, géants monténégrins aux fortes moustaches, pêcheurs dalmates à la faconde méditerranéenne, placides bergers macédoniens vêtus des peaux de leurs moutons et jouant du pipeau à deux branches comme le dieu Pan, et même ces Musulmans de Titograd qui, le soir, abandonnant la cotte bleue pour les culottes bouffantes et le boléro soutaché, se rendent à l’appel rituel du muezzin.
Visiter plusieurs pays en un seul, tel est l’avantage du tourisme en Yougoslavie. Franchissez quelques kilomètres, et, d’une république à l’autre, mœurs et coutumes changent comme par enchantement. Loin de nous cette Yougoslavie? Non pas : elle est à deux jours de voiture de Paris, à un jour de Nice, à vingt heures de chemin de fer, à quelques heures d’avion.Il ne saurait être question de tracer ici un itinéraire yougoslave, encore moins d’écrire un guide. Mais si les impressions que je vais rapporter, si le récit de quelques faits personnels, suffisent à susciter le désir de connaître ce pays, mon but sera atteint et je me tiendrai pour satisfait.
C’est en auto, et par Trieste, que nous entrerons en Yougoslavie. La route s’allonge, presque droite, coupant à travers les bois de mélèzes, la lande tachetée de bruyères et de lavande sauvage, les larges zones désertiques et rocailleuses. Cela rappelle les Basses-Alpes : la région d’Annot, de Castellane… De rares maisons dispersées. Ici et là, des enfants blonds qui nous font bonjour de la main et nous sourient : c’est l’accueil de la Yougoslavie à l’étranger, et cette bienvenue ne se démentira pas tout au long de notre voyage.
A soixante-dix kilomètres de Trieste, la route, semble-t-il, s’interrompt brusquement. A nos pieds, la mer : l’Adriatique bleu roi. Les courants y tracent des voies lapis-lazuli, vert d’eau. Au loin s’étirent des îles, longs fuseaux de montagnes parallèles à la chaîne dalmate dont elles sont la prolongation. Au sud, l’île de Krk barre l’horizon, transformant ce cul-de-sac de l’Adriatique en une rade immense, la baie de Kvarner.
La route descend à droite vers Opatija, à gauche vers Rijeka, l’ancienne Fiume. Opatija, c’est Cannes en 1900 avec ses hôtels de luxe de style munichois, ses terrasses fleuries et illuminées sur lesquelles les soirs d’été « toute la ville danse ».Mais ici, au lieu de ces affreux souvenirs fabriqués en série et qui déshonorent tant de sites choisis, les boutiques offrent aux regards des broderies aux couleurs vives, aux dessins géométriques harmonieusement entrelacés et dont l’art a été transmis de génération en génération par des brodeuses aux doigts habiles. Ces toiles rudes ont les imperfections des métiers à main. Sur les nappes sont exposés cendriers plats couleur pain brûlé bordés de marguerites et d’étoiles vert-de-gris, bouteilles de Chlivovitza…



Avis
Il n’y a pas encore d’avis.