Description
Référence : 32405
SLAWSKI Dr Stanislas – L’accès de la Pologne à la Mer
1925, format : 120×190, 144 pages, illustration[s] : 9 tableaux + 1 carte, broché, bon état
PREFACE
Au Congrès de 1919, d’où devait sortir la paix de Versailles, le principe de reconstituer la Pologne en État souverain ne rencontra pas de contradicteur ; il ne pouvait pas en rencontrer. La guerre avait été faite, pendant plus de quatre ans, pour la victoire du droit et la liberté des peuples; où ces nobles causes méritaient-elles plus de triompher que chez la nation qui avait souffert, avec les odieux partages, la plus cynique violation du droit des gens ? Donc, la Pologne devait être de nouveau, et elle fut. Mais le moment arriva de passer à l’application du principe, en fixant les frontières du nouvel État. Alors des difficultés se produisirent. L’une d’elles fut la question de l’accès de la Pologne à la mer.
A dire vrai, la solution de cette question fut pour beaucoup une surprise, tant elle paraissait en contradiction avec la restauration même de la Pologne. Si le Congrès reconstituait la Pologne avec sa superficie de trois cent quatre-vingt-six mille kilomètres carrés et sa population de vingt-sept millions d’habitants, c’était bien pour lui donner la pleine liberté de vivre, de respirer à pleins poumons ; ce n’était certes pas pour la serrera la gorge, au risque de l’étouffer. Avant 1772, c’est-à-dire avant le premier partage, toute la région des embouchures de la Vistule, avec la ville de Gdansk ou Dantzig, faisait partie intégrante de la république de Pologne ; Dantzig même devait rester polonais jusqu’au deuxième partage de 1793. C’était le débouché naturel de toute une immense région intérieure. La Vistule, née en pays polonais, sur les flancs des Carpathes de Galicie, roulait ses eaux paresseuses à travers la vaste étendue des forêts et des plaines de la Pologne centrale ; puis elle venait mourir dans la Baltique, sur une côte polonaise. C’était comme une loi de la géographie et de l’histoire que ce beau fleuve coulât tout entier en territoire polonais, jusqu’à l’endroit où sa dernière goutte d’eau se perdait dans la mer.Du moment où le nouvel État recouvrait son indépendance politique, il était naturel qu’il recouvrât aussi les conditions géographiques qui étaient seules capables de lui assurer sa pleine indépendance économique. Cette solution logique était en parfaite harmonie avec la nature des choses et les droits de l’histoire ; elle se trouvait implicitement contenue dans le discours que le président Wilson avait prononcé, le 8 janvier 1918, devant le Congrès de Washington ; parlant de la future Pologne, il avait déclaré qu’on devait lui garantir « un libre et sûr accès à la mer », « a free and secure access to the sea. »
Ce ne fut cependant pas la décision qui prévalut à Versailles ; une grande puissance maritime avait élevé des objections, elles furent écoutées. Les embouchures mêmes de la Vistule avec la ville de Dantzig, représentant dans l’ensemble une superficie de deux mille kilomètres carrés, furent bien enlevées à l’Allemagne ; mais, au lieu de faire retour à la Pologne, dont elle avait fait partie jadis et dont elle était l’issue naturelle sur la Baltique, cette région a été constituée en ville libre, placée sous la protection de la Société des Nations ; une convention devait intervenir entre le gouvernement polonais et la nouvelle ville libre pour assurer à la Pologne la jouissance de divers avantages, au sujet des voies d’eau, docks, bassins, quais, voies ferrées, etc. (articles 100-108 du Traité de Versailles). La Pologne était-elle donc privée de tout contact direct avec la Baltique ? Non, puisque le Traité de Versailles lui abandonnait sur la côte de Pomérellie un front de mer de soixante-seize kilomètres environ, sans ports, il faut s’empresser de l’ajouter, et sans voie d’accès naturelle.
Sans protester contre cette solution bâtarde, qui pouvait devenir pour le nouvel État une source de graves difficultés et de grosses dépenses, la Pologne se mit résolument au travail. Ce ne fut pas peu de chose d’établir avec la ville libre de Dantzig, où l’élément allemand maintenait son intransigeance, …
TABLE DES MATIERES
Introduction : Le traité de Versailles. La propagande allemande contre l’accès de la Pologne à la mer.
PREMIÈRE PARTIE
L’ACCÈS DE LA POLOGNE A LA MER
Chapitre premier. — La Ville Libre de Dantzig
1. Principes juridiques et politiques • 2. Les droits particuliers de la Pologne • 3. Le Conseil du Port et des voies d’eau à Dantzig • 4. Le développement économique de la Ville et du port de Dantzig (1920-1924)
Chapitre II. — Le littoral polonais, partie intégrante de la Pologne
1. Dénomination tendancieuse du « couloir » • 2. L’importance du littoral pour la Pologne au point de vue • géographique et politique • 3. L’histoire et l’ethnographie de la Poméranie. • 4. Le port de Gdynia • 5. Emigration et réémigration • 6. Exploitation de la mer • a. Marine marchande • b. Pêche en mer.
CHAPITRE III. — Analyse des arguments de la propagande allemande
1. Proposition allemande du mois de juin 1919 concernant l’usage des ports de l’Allemagne par la Pologne. La Conférence de la Paix rejette cette proposition • 2. Les États qui en raison de leur situation géographique ne possèdent pas de littoral à eux.
Chapitre IV. — L’importance internationale de l’accès de la Pologne à la mer
DEUXIÈME PARTIE
SITUATION GÉOPOLITIQUE DE LA PRUSSE ORIENTALEChapitre I. — Situation générale
Chapitre II. — Situation de la Prusse Orientale par I rapport à la mère-patrie
1. Communications avec la mère-patrie par voie de mer • 2. Situation géographique de la Prusse Orientale par rapport à la mère-patrie • a. Frontière entre la Prusse orientale et le 1 ci-nommé « couloir » • b. Situation de la Prusse Orientale par rapport aux centres économiques allemands. • c. La Prusse Orientale en tant que « colonie » • d. Situation économique particulière de la Prusse Orientale par rapport à la mère-patrie
Chapitre III. — Situation de la Prusse Orientale par rapport aux pays baltes et la Russie
Chapitre IV. — Situation de la Prusse Orientale par rapport à la Pologne
TROISIÈME PARTIE
LIBERTÉ DU TRANSIT ENTRE LALLEMAGNE ET LA PRUSSE ORIENTALE A TRAVERS LES VOÏEVODIES DE LA POMÉRANIE ET DE LA POSNANIEChapitre I. — Principale base juridique
Chapitre II. — Pourparlers et accords provisoires (1920-22)
Chapitre III. — La convention de transit d’après le rapport présenté en 1921 par le gouvernement allemand
1. Dispositions générales • 2. Communications ferroviaires 3. Transports militaires • 4. Postes, téléphones, télégraphes • 5. Navigation et circulation des automobiles et des motocyclettes
Chapitre IV. — L’exécution de la convention par la Pologne
Chapitre V. — Communications par voie ferrée dans la direction Est-Ouest et Sud-Nord. Le rôle de Dantzig.
Chapitre VI. — Une attestation de l’administration des chemins de fer du Reich en faveur de la Pologne
LISTE DES CARTES ET TABLEAUX
INSÉRÉS DANS LE TEXTE
N° 1. Importation et exportation de certaines marchandises par Dantzig
N° 2. Participation de Dantzig dans le commerce extérieur de la Pologne
N° 3. Répartition des impôts par tête et par an en Allemagne et à Dantzig
No 4. Exportation de la Pologne dirigée par le port de Dantzig
N° 5. Carte politique de la Poméranie démontrant la répartition des voix dans les élections à la Diète polonaise du 5 novembre 1922
N° 6. Pourcentage des Polonais habitant la Poméranie en 1910 et 1921
N° 7. Carte indiquant les lignes de chemin de fer en Pologne occidentale, destinées au transit privilégié selon la convention polono-allemande du 21 avril 1921
N° 8. Trafic des voyageurs entre le Reich et la Prusse orientale en 1924
N° 9. Trafic des marchandises entre le Reich et la Prusse orientale en 1913 et 1923
Hors texte. Carte de la côte polonaise et dantzicoise.


Avis
Il n’y a pas encore d’avis.