Description
Référence : 32410
LEGAY Kléber – Un mineur Français chez les Russes
1937, format : 120×190, 123 pages, illustration[s] : sans, broché, bon état
INTRODUCTION
mon retour de Russie, je publiai, dans le H S numéro du 5 décembre 1936 du journal . le Populaire (socialiste),un premier article sur mes impressions de voyage, qui fit du bruit et souleva d’indignation quelques anciens pèlerins de Moscou qui ont toujours caché la vérité sur le sort des travailleurs soviétiques.
Des bruits contradictoires furent mis en circulation à ce propos, accusant même la Fédération nationale des Mineurs, dont je suis un des secrétaires, de m’avoir interdit de parler.Rien de vrai en cela : c’est moi-même qui, à l’occasion d’un Conseil national, ai demandé à être relevé d’un engagement que j’avais pris avec la Fédération socialiste du Pas-de-Calais, pour une réunion à Lens qui menaçait d’être tumultueuse par l’intervention des communistes.
Je l’ai fait pour cela, et aussi parce que, depuis que j’avais parlé de mon voyage devant la Section socialiste de Denain, je recevais des centaines de demandes de réunions que je ne pouvais pas assurer.
Ce qui va suivre de ce voyage n’est pas du nouveau pour beaucoup, en particulier pour le Conseil d’administration du Syndicat des mineurs du Nord, dont je suis le président depuis plus de dix ans, mandat qui vient de m’être renouvelé, à l’unanimité, au cours d’un congrès tenu les 20 et 21 juin de cette année.
Les 6 et 13 décembre, j’ai tenu deux réunions de mon Conseil d’administration, dans lequel se trouvent trois camarades militants appartenant au parti communiste, qui sont allés en Russie avant moi et partagent, avec moi, la direction du syndicat.
Ces camarades sont : Martel Henri, député communiste de Douai, Morival Marceau, secrétaire adjoint du syndicat et son frère Henri.
Je leur ai dit, dans le détail, tout ce que vous allez lire et aucune de mes déclarations n’a été contestée par aucun d’eux.
J’ai hésité à écrire ce livre, car je ne méconnais pas l’importance de sa parution quant aux répercussions possibles dans le mouvement syndical, mais j’ai estimé que j’avais, trop longtemps déjà, tenu pour moi des choses que tous doivent connaître.
J’ai considéré, après avoir vu, que je ne pouvais laisser ignorer aux travailleurs français des choses qu’on leur a trop cachées pour des fins politiques tendant à introduire en France un régime à l’image de celui de la Russie.
Le peuple français mérite mieux que cela.
Il a déjà mieux et doit chercher encore à améliorer ses conditions sans avoir à recevoir de leçons d’un pays étranger
Je ne formule qu’un vœu : que l’on veuille bien tenir pour exactes les lignes qui vont suivre et qu’elles servent à éviter aux travailleurs de mon pays un état de misère tel que celui qu’il m’a été donné de constater et qui, à mon sens, n’a rien de socialiste et ne semble pas devoir le devenir.

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