Description
Référence : 32155
NEUDIN Joëlle & Gérard – 1981 – Cartes Postales de collection –
Argus international des Cartes Postales
1981, format : 155×220, 542 pages, très nb. illustration[s].broché, bon état
CARTES POSTALES DE COLLECTION
Joëlle Neudin, professeur de lettres et Gérard Neudin, ancien élève de l’École Polytechnique
ÉDITORIAL
Chers amis cartophiles.
Pour la septième année consécutive, la Carte Postale a poursuivi son essor, et nous tentons de l’accompagner A la fois avec cet annuaire international, maintenant baptisé « officiel » tant il est devenu l’organe de liaison et d’information de tous ceux qui s’intéressent à la cartophilie, et avec le premier guide régional consacré à la Normandie, la Beauce et le Maine. Nous mettons ainsi à la disposition des amateurs environ 700 pages toujours très denses contre 500 l’année dernière et 80 seulement en 1975.
Cette augmentation en volume n’a pu se faire que grâce à l’appui de centaines de correspondants et à la gentillesse de dizaines de milliers d’acheteurs. Avec l’édition de fascicules spécialisés, nous serons presque à même de satisfaire les besoins du plus grand nombre des cartophiles, tant ceux-ci accompagnent leur soif d’informations nouvelles d’une indulgence à notre égard qui nous touche chaque fois.
Pour la saison 1979-1980 qui vient de s’écouler, il est possible de retenir cinq grands enseignements.
1. Le régionalisme a continué son étonnante progression. Toutes les nations, tous les départements français, bientôt toutes les communes sont atteints à leur tour par cette irrésistible vague de fond. Les cercles se multiplient, les publications de livres locaux, les expositions connaissent de constants succès. Le nombre des cartophiles « ramasse-cartes » doit atteindre en France 180 000 personnes et plusieurs millions dans le monde, parmi lesquels 90 % se soucient en premier lieu de leur terroir. En conséquence, la cotation des petites communes et des cartes spectaculaires de chaque région s’est enflammée. Des rivalités locales expliquant souvent à elles seules quelques enchères exorbitantes.
2. Les thèmes résistent avec des fortunes diverses. L’éparpillement régionaliste compromet les entreprises à vocation nationale que sont les grands salons, les catalogues de vente par correspondance, les négociants milti-régionaux, etc. Il devient difficile de rentabiliser un routage lorsque chaque destinataire ne s’intéresse qu’à l’une des 38 000 communes françaises. De même devons-nous imaginer des astuces de présentation pour maintenir l’attrait de cet annuaire. Par bonheur le renchérissement des pièces régionales entraîne, par contrecoup, le renouveau des thèmes, en seconde préoccupation.
3. Les petits illustrateurs connaissent une désaffection catastrophique. Il n’est pourtant pas éloigné le temps où l’on critiquait nos cotations en affirmant qu’il était impossible de trouver la moindre signature en dessous de 30 francs! Cette année, nous ne reprenons pas la liste intégrale de 5 000 noms patiemment établie, car les prix, en francs courants, n’ont pas varié. En ce domaine comme en d’autres, nous devons jouer un rôle modérateur dans les modes.
4. La « Top Collection » internationale se porte bien. Maintenant que les travaux d’inventaire ont été effectués, des investisseurs allemands, suisses ou américains n’hésitent pas à payer deux fois plus cher que le noyau français un peu découragé. Les plus belles pièces, quelquefois uniques comme la carte de Club dessinée par R. Kirchner, partent pour l’étranger et nous déplorons la passivité des pouvoirs publics en ce domaine.
5. Les collectionneurs « modernes » à leur tour se multiplient Les cartes de clubs ou d’expositions, les émissions de propagande ou de publicité, les créations d’artistes, d’illustrateurs, de photographes, les éditions commémoratives, les belles scènes d’artisans localisés et nommés, les fantaisies, les cartes sur la musique pop ou le cinéma emplissent les albums des collectionneurs. Au fur et à mesure que les documents anciens se raréfient et deviennent trop chers, les amoureux de la carte postale se tournent vers les productions contemporaines révélatrices des préoccupations et du mode de vie de notre époque.
Outre les rubriques habituelles actualisées, ce répertoire propose un manuel pour les collectionneurs, la poursuite de l’inventaire permanent des productions modernes, plusieurs chapitres thématiques inédits au premier rang desquels les autographes sur cartes postales et la photographie. Des développements sont fournis sur le Mail Art et les tentatives modernes comme le Festival International de la Carte Postale. Le régionalisme (voir en tête de la rubrique) est profondément remanié, les oblitérations maritimes succèdent aux ferroviaires.
La cartophilie est une collection de liberté. L’édition n’appartient pas exclusivement à la puissance publique, comme pour les timbres, les monnaies, les oblitérations. L’inventaire n’existe pas car le dépôt égal n’y remplit pas le même rôle qu’en B.D., pour les romans policiers ou les vieux journaux, et l’on ne connaît pas les tirages comme pour les actions ou les obligations. Les cotations se veulent ouvertement indicatives et laissent place à l’affectivité de chacun. On n’éditera jamais vraiment d’albums aux cases vierges à completer. La liberté constitue donc la qualité principale de la cartophilie. C’est aussi ce qui en fait la difficulté car au lieu de se réfugier à l’abri d’un père-divin éditeur, coteur, listeur, fabricant d’albums, finalement sécurisant devant l’angoisse du temps qui passe et de l’anonymat, chacun peut choisir son domaine propre. Il y voit ses fantasmes prendre soudain forme d’images et doit y apprendre doucement à cultiver un jardin personnel, merveilleusement unique et néanmoins, les contacts entre cartophiles le prouvent chaque jour, communicable.
En souhaitant longtemps encore rester à votre service,
Joëlle Neudin, professeur de lettres et Gérard Neudin, ancien élève de l’École Polytechnique
ÉDITORIAL
Chers amis cartophiles.
Pour la septième année consécutive, la Carte Postale a poursuivi son essor, et nous tentons de l’accompagner A la fois avec cet annuaire international, maintenant baptisé « officiel » tant il est devenu l’organe de liaison et d’information de tous ceux qui s’intéressent à la cartophilie, et avec le premier guide régional consacré à la Normandie, la Beauce et le Maine. Nous mettons ainsi à la disposition des amateurs environ 700 pages toujours très denses contre 500 l’année dernière et 80 seulement en 1975.
Cette augmentation en volume n’a pu se faire que grâce à l’appui de centaines de correspondants et à la gentillesse de dizaines de milliers d’acheteurs. Avec l’édition de fascicules spécialisés, nous serons presque à même de satisfaire les besoins du plus grand nombre des cartophiles, tant ceux-ci accompagnent leur soif d’informations nouvelles d’une indulgence à notre égard qui nous touche chaque fois.
Pour la saison 1979-1980 qui vient de s’écouler, il est possible de retenir cinq grands enseignements.
1. Le régionalisme a continué son étonnante progression. Toutes les nations, tous les départements français, bientôt toutes les communes sont atteints à leur tour par cette irrésistible vague de fond. Les cercles se multiplient, les publications de livres locaux, les expositions connaissent de constants succès. Le nombre des cartophiles « ramasse-cartes » doit atteindre en France 180 000 personnes et plusieurs millions dans le monde, parmi lesquels 90 % se soucient en premier lieu de leur terroir. En conséquence, la cotation des petites communes et des cartes spectaculaires de chaque région s’est enflammée. Des rivalités locales expliquant souvent à elles seules quelques enchères exorbitantes.
2. Les thèmes résistent avec des fortunes diverses. L’éparpillement régionaliste compromet les entreprises à vocation nationale que sont les grands salons, les catalogues de vente par correspondance, les négociants milti-régionaux, etc. Il devient difficile de rentabiliser un routage lorsque chaque destinataire ne s’intéresse qu’à l’une des 38 000 communes françaises. De même devons-nous imaginer des astuces de présentation pour maintenir l’attrait de cet annuaire. Par bonheur le renchérissement des pièces régionales entraîne, par contrecoup, le renouveau des thèmes, en seconde préoccupation.
3. Les petits illustrateurs connaissent une désaffection catastrophique. Il n’est pourtant pas éloigné le temps où l’on critiquait nos cotations en affirmant qu’il était impossible de trouver la moindre signature en dessous de 30 francs! Cette année, nous ne reprenons pas la liste intégrale de 5 000 noms patiemment établie, car les prix, en francs courants, n’ont pas varié. En ce domaine comme en d’autres, nous devons jouer un rôle modérateur dans les modes.
4. La « Top Collection » internationale se porte bien. Maintenant que les travaux d’inventaire ont été effectués, des investisseurs allemands, suisses ou américains n’hésitent pas à payer deux fois plus cher que le noyau français un peu découragé. Les plus belles pièces, quelquefois uniques comme la carte de Club dessinée par R. Kirchner, partent pour l’étranger et nous déplorons la passivité des pouvoirs publics en ce domaine.
5. Les collectionneurs « modernes » à leur tour se multiplient Les cartes de clubs ou d’expositions, les émissions de propagande ou de publicité, les créations d’artistes, d’illustrateurs, de photographes, les éditions commémoratives, les belles scènes d’artisans localisés et nommés, les fantaisies, les cartes sur la musique pop ou le cinéma emplissent les albums des collectionneurs. Au fur et à mesure que les documents anciens se raréfient et deviennent trop chers, les amoureux de la carte postale se tournent vers les productions contemporaines révélatrices des préoccupations et du mode de vie de notre époque.
Outre les rubriques habituelles actualisées, ce répertoire propose un manuel pour les collectionneurs, la poursuite de l’inventaire permanent des productions modernes, plusieurs chapitres thématiques inédits au premier rang desquels les autographes sur cartes postales et la photographie. Des développements sont fournis sur le Mail Art et les tentatives modernes comme le Festival International de la Carte Postale. Le régionalisme (voir en tête de la rubrique) est profondément remanié, les oblitérations maritimes succèdent aux ferroviaires.
La cartophilie est une collection de liberté. L’édition n’appartient pas exclusivement à la puissance publique, comme pour les timbres, les monnaies, les oblitérations. L’inventaire n’existe pas car le dépôt égal n’y remplit pas le même rôle qu’en B.D., pour les romans policiers ou les vieux journaux, et l’on ne connaît pas les tirages comme pour les actions ou les obligations. Les cotations se veulent ouvertement indicatives et laissent place à l’affectivité de chacun. On n’éditera jamais vraiment d’albums aux cases vierges à completer. La liberté constitue donc la qualité principale de la cartophilie. C’est aussi ce qui en fait la difficulté car au lieu de se réfugier à l’abri d’un père-divin éditeur, coteur, listeur, fabricant d’albums, finalement sécurisant devant l’angoisse du temps qui passe et de l’anonymat, chacun peut choisir son domaine propre. Il y voit ses fantasmes prendre soudain forme d’images et doit y apprendre doucement à cultiver un jardin personnel, merveilleusement unique et néanmoins, les contacts entre cartophiles le prouvent chaque jour, communicable.
En souhaitant longtemps encore rester à votre service,





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