Description
Référence : 32300
Lelièvre Pierre – La Bretagne
Collection « Merveilles de la France »
vers 1960, format : x, 190 pages, 128 illustration[s].jaquette, tâche au dos, bon état intérieur
LA BRETAGNE
« La Bretagne, a dit Michelet, est presque une île : ni fleuve» ni port; nul accès par terre ni par mer. » Définition d’historien, plus que de géographe. Où sont, en effet, vers l’Est, les frontières? L’Histoire les a tracées, d’ailleurs mouvantes, mais la nature n’en avait pas posé les bornes.
Certes, le massif armoricain, formé de roches primaires, a son unité. Il contraste avec le bassin parisien, au Nord-Est, comme avec le seuil du Poitou, au Sud-Est, et le voyageur qui vient de Paris, dès Sillé-le-Guillaume, est frappé de voir la plaine nue et blanche de calcaire jurassique faire place aux molles collines de sol noirâtre. Cotentin, bocage normand, bocages manceau et angevin ont même structure que la Bretagne. Celle-ci n’est donc point définie par l’ancienneté de ses roches. Par ses paysages alors? Oui, sans doute, pour une part, mais sous condition de rappeler qu’un paysage est une histoire — une histoire, vécue en commun par des hommes qui, en dépit de leurs origines ethniques differentes (la variété des types physiques en témoigne), ont eu conscience, plus ou moins claire, mais vigoureuse, de former une nation —- de rappeler aussi qu’un paysage est un état de l’âme.
D’une âme singulièrement préservée. En plein xixe siècle, et même jusqu’à la première guerre mondiale, la Bretagne apparaissait comme une sorte de musée de l’esprit du Moyen Âge. Un de ses écrivains, Charles Le Goffic, assure que les idées et les mœurs s’y étaient cristallisées dans l’état où se trouvait le monde occidental au xve siècle.
Il n’en faut pas conclure qu’elle a vécu toute repliée. Depuis le xvie siècle, les routes maritimes du monde sont sillonnées par des navires construits et armés en Bretagne avec des équipages bretons. Le terrien lui-même, à une époque beaucoup plus récente, a commencé d’émigrer, pris la route et connu d’autres climats.
Que reste-t-il d’ailleurs de cet esprit médiéval dont Renan, lui aussi, a noté la persistance et les charmes naïfs? Les grandes routes tracées par les ingénieurs du Roi, de Rennes à Brest et de Nantes à Quimper, allaient tout droit, sans beaucoup se soucier de desservir les agglomérations d’ailleurs très dispersées. Mais le patient réseau des chemins vicinaux, maintenant dense, a relié entre eux bourgs, paroisses et petites villes. Le chemin de fer, l’automobile ont fait le reste.
Donc le Breton n’est point casanier. Il n’est point non plus routinier comme le veut une mauvaise légende; au contraire, remarquablement ouvert, et accessible aux curiosités comme aux techniques modernes. Sans doute le poète peut-il regretter « la décadence d’un des plus remarquables échantillons d’humanité médiévale qui se fussent maintenus presque à l’état pur, aux extrémités du vieux continent ». Le sociologue, lui, constatera l’adaptation d’un peuple laborieux, réfléchi, tenace, aux conditions de la vie moderne, aux exigences d’une économie et aux sollicitations d’une technique en constante et rapide évolution. L’amateur de pittoresque regrettera l’abandon des costumes, l’oubli des coutumes ou des superstitions ancestrales. L’observateur sincère reconnaîtra, sous les apparences d’un modernisme parfois un peu naïvement affiché, la persistance des vertus essentielles d’une population fortement enracinée à une terre à laquelle elle demeure fièrement attachée.
TABLE DES MATIÈRES
LA BRETAGNE
■ I. — ASPECTS DE LA BRETAGNE • ■ II – L’ARCOAT • LA HAUTE BRETAGNE • LA BASSE BRETAGNE • ■ III.— L’ARMOR • LA CÔTE NORD • LA CÔTE SUD • ■ IV.- L AME BRETONNE • LA LANGUE ET LA SENSIBILITE BRETONNES • LA VIE RELIGIEUSE • LES FETES BRETONNES • L’ART BRETON • ILLUSTRATIONS • COMMENTAIRES DES ILLUSTRATIONS
« La Bretagne, a dit Michelet, est presque une île : ni fleuve» ni port; nul accès par terre ni par mer. » Définition d’historien, plus que de géographe. Où sont, en effet, vers l’Est, les frontières? L’Histoire les a tracées, d’ailleurs mouvantes, mais la nature n’en avait pas posé les bornes.
Certes, le massif armoricain, formé de roches primaires, a son unité. Il contraste avec le bassin parisien, au Nord-Est, comme avec le seuil du Poitou, au Sud-Est, et le voyageur qui vient de Paris, dès Sillé-le-Guillaume, est frappé de voir la plaine nue et blanche de calcaire jurassique faire place aux molles collines de sol noirâtre. Cotentin, bocage normand, bocages manceau et angevin ont même structure que la Bretagne. Celle-ci n’est donc point définie par l’ancienneté de ses roches. Par ses paysages alors? Oui, sans doute, pour une part, mais sous condition de rappeler qu’un paysage est une histoire — une histoire, vécue en commun par des hommes qui, en dépit de leurs origines ethniques differentes (la variété des types physiques en témoigne), ont eu conscience, plus ou moins claire, mais vigoureuse, de former une nation —- de rappeler aussi qu’un paysage est un état de l’âme.
D’une âme singulièrement préservée. En plein xixe siècle, et même jusqu’à la première guerre mondiale, la Bretagne apparaissait comme une sorte de musée de l’esprit du Moyen Âge. Un de ses écrivains, Charles Le Goffic, assure que les idées et les mœurs s’y étaient cristallisées dans l’état où se trouvait le monde occidental au xve siècle.
Il n’en faut pas conclure qu’elle a vécu toute repliée. Depuis le xvie siècle, les routes maritimes du monde sont sillonnées par des navires construits et armés en Bretagne avec des équipages bretons. Le terrien lui-même, à une époque beaucoup plus récente, a commencé d’émigrer, pris la route et connu d’autres climats.
Que reste-t-il d’ailleurs de cet esprit médiéval dont Renan, lui aussi, a noté la persistance et les charmes naïfs? Les grandes routes tracées par les ingénieurs du Roi, de Rennes à Brest et de Nantes à Quimper, allaient tout droit, sans beaucoup se soucier de desservir les agglomérations d’ailleurs très dispersées. Mais le patient réseau des chemins vicinaux, maintenant dense, a relié entre eux bourgs, paroisses et petites villes. Le chemin de fer, l’automobile ont fait le reste.
Donc le Breton n’est point casanier. Il n’est point non plus routinier comme le veut une mauvaise légende; au contraire, remarquablement ouvert, et accessible aux curiosités comme aux techniques modernes. Sans doute le poète peut-il regretter « la décadence d’un des plus remarquables échantillons d’humanité médiévale qui se fussent maintenus presque à l’état pur, aux extrémités du vieux continent ». Le sociologue, lui, constatera l’adaptation d’un peuple laborieux, réfléchi, tenace, aux conditions de la vie moderne, aux exigences d’une économie et aux sollicitations d’une technique en constante et rapide évolution. L’amateur de pittoresque regrettera l’abandon des costumes, l’oubli des coutumes ou des superstitions ancestrales. L’observateur sincère reconnaîtra, sous les apparences d’un modernisme parfois un peu naïvement affiché, la persistance des vertus essentielles d’une population fortement enracinée à une terre à laquelle elle demeure fièrement attachée.
TABLE DES MATIÈRES
LA BRETAGNE
■ I. — ASPECTS DE LA BRETAGNE • ■ II – L’ARCOAT • LA HAUTE BRETAGNE • LA BASSE BRETAGNE • ■ III.— L’ARMOR • LA CÔTE NORD • LA CÔTE SUD • ■ IV.- L AME BRETONNE • LA LANGUE ET LA SENSIBILITE BRETONNES • LA VIE RELIGIEUSE • LES FETES BRETONNES • L’ART BRETON • ILLUSTRATIONS • COMMENTAIRES DES ILLUSTRATIONS




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