Description
Référence : 32310
Cyr Belcroix – La Mare aux Fées
Forêt de fontaineblau et ses environs
1983, format : 150×210, 284 pages, 20 gravures n&b illustration[s].broché, bon état
joint une plaquette sur le patois briard
INTRODUCTION
Si les savants, en auscultant scientifiquement la forêt élucident certains de ses mystères, il est d’autres secrets que cette dernière ne consentira jamais à leur livrer, les gardant jalousement pour ne les dévoiler qu’à ses amis poètes rêvant à l’ombre de ses bruissantes voûtes.
Il suffit d’écouter la brise murmurer dans les ramures pour reconnaître la voix mélodieuse des sylphides dont la présence invisible se révèle dans l’imagination de ses admirateurs attentifs.
Chaque forêt du monde est fière de ses légendes.
Si Johann Strauss a surpris celles de la forêt viennoise pour les chanter magnifiquement, combien de poètes nous ont fait découvrir ce monde étrange et fascinant qui les avait inspirés ?
L’organisation de cet univers inaccessible à la plupart des hommes pose une énigme.
Les saisons, le soleil, la lune, le vent, la pluie ne sont-ils pas le fait de ces divinités qui nous environnent, qui nous dispensent leurs bienfaits et que nos aïeux honoraient ?
Tout un peuple de génies – familiers ou farouches – s’agite dans l’espace, nous inspire et nous guide. Chacun a-t-il le sien ? Je serais tenter de le croire après les aventures que j’ai connues en compagnie de Maricus dans cette immense cathédrale que constitue la forêt, la plus admirable, la plus impérissable qui ne craint rien des intempéries, qui affronte les siècles en se renouvelant sans cesse bien qu’elle nous apparaisse immuable.
Peut-être quelque nuit rencontreras-tu un génie qui t’entraînera dans ce merveilleux royaume des Fées que les bruits de la terre ne troublent jamais, où le temps n’existe pas, où chacun vaque à ses occupations sans précipitation, où l’on ignore la jalousie, la méchanceté, la haine, où ne régnent que l’ordre, la beauté, la magnificence, où tout désir peut être à l’instant exaucé s’il s’inscrit dans le cadre naturel du possible et de la bonté, où l’Amour a ses temples aux autels fleuris.
Peut-être aussi t’ouvrira-t-il les portes de ce palais des Fées que les astres illuminent, où se jouent le destin de l’univers et celui des êtres.Peut-être trouveras-tu la réponse à l’éternelle question de l’utilité des hommes, la paix du coeur et de l’âme en te baignant dans le lac de la félicité aux eaux limpides et calmes.
Et ce royaume n’est pas si éloigné de la terre des hommes que cette dernière n’en puisse devenir la dépendance.
Il suffirait à chacun de reconnaître le bon génie qui l’habite et d’en chasser le mauvais, tout comme les fées ont expurgé leur royaume de ceux qui bafouaient l’Amour.
Il suffirait à chacun de conserver son âme et son cœur d’enfant, son regard clair où le ciel se mire, d’aller à la rencontre de ses innombrables amis qui le cherchent, d’édifier avec eux des temples à l’Amour pour, ensuite, ensemble, y officier sans porter ailleurs leurs offrandes et leurs sacrifices.
Maricus est éternel. Puisse-t-il venir à toi ainsi qu’il vint à moi, te prendre la main et te conduire par ces sentiers du rêve jusqu’à ce royaume. Puisse-t-il conduire, lui ou ses amis, tous les enfants du monde par ces mêmes sentiers jusqu’au même royaume et, là, au son des lyres et des harpes célestes, vous offrir les bienfaits d’une joie éternelle.C’est avec son autorisation que je vous raconte, à toi, à ta grande sœur et à ton frère, ce qui peut paraître une étrange aventure afin de rétablir la vérité sur certains faits dont la légende s’est emparée en les déformant, et chasser de nos esprits trop cartésiens l’adjectif »surnaturel » qui s’impose à nous lorsque nous évoquons les Fées, les Génies, les Gnomes, les Lutins, cependant intimement liés à la nature avec laquelle ils vivent s’ils ne sont pas la nature même.



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