Description
Référence : 32119
RAYNAL François-Paul – Les Artisans du Village
1943, format : 160×250, 153 pages, grav. +8 ht. illustration[s].broché, couv. fatiguée avec des pliures et du scotch (voir image), bon état intérieur
Ces gens de la terre de France sont-ils heureux, qu’aspirèrent les villes, et surtout Paris ? Poinçonner des billets dans les souterrains du métro, mesurer à pas lents, sous l’uniforme du gardien de la paix, l’immense steppe de bitume ; donner une tranche de sa vie aux machines des grandes usines, que l’on sert comme les plus impitoyables des maîtres ; surtout, faire pointer un carton fatigué au bureau du chômage, est-ce là le bonheur que cherchaient les déserteurs des campagnes ? Quelle basse littérature, quel cinéma, quelle radio ont fait naître avant cette guerre dans des têtes de villageois, pourtant bien faites et solides, ce décevant mirage de la vie facile ? Facile, la vie des villes ? Ils ne le pensent plus, ces gens de la Bourgogne d’or, de la grise Bretagne ou de la verte Auvergne.
• Déjà, au début du siècle, Arsène Vermenouze écrivait : « Je songe qu’il existe à Paris, exerçant un peu tous les métiers, cent mille Auvergnats peut-être, qui ne se sont pas assis dans un pré, sous un hêtre, et qui, trimant, suant, se privant de sommeil, ont oublié comment se couche le soleil. » Vermenouze, Auvergnat, parlait des Auvergnats. Mais les forçats volontaires des villes sont venus de toutes les provinces selon un rythme accéléré entre les deux guerres.
• On n’aime pas les statistiques, parce qu’elles sont brutales comme un médecin au cœur sec. Pourtant, j’ai voulu me plonger dans la grisaille des chiffres, et voici en gros : la superficie des terrains incultes ou laissés en friche a augmenté en France de deux millions d’hectares depuis 1912. En cinquante ans, deux millions de petits propriétaires fonciers ont déserté la terre et la population rurale a diminué de quatre millions d’âmes. Effrayante, cette vérité sans artifices. Mais pensait-on encore à s’effrayer de quelque chose ?
• Si les villageois allaient à Paris porter le meilleur de leur jeunesse à des besognes sans joie, la ville envoyait à la campagne ses produits manufacturés, tout prêts, tout pesés, tout empaquetés. Echange. Mais qui était la dupe, dans cet échange ?
• Dans les pays, on ne trouve plus guère d’artisans que parmi les vieux restés fidèles à leur enclume, à leur moulin, à la paille blonde ou à l’ardoise bleue. Maintenant il faut les attendre longtemps,, car ils ne peuvent être partout à la fois quand le toit laisse passer 1’eau du ciel, lorsque la roue du tombereau s’est cassée dans l’ornière ou que l’humidité a fait jouer le bois de la fenêtre.
• On manque d’hommes de métiers.
• Mais il y a ceux qui des paysans sont le comble. Nés sur leur coin de terre, ils y vivent fièrement, librement, et ils y mourront. Ils n’ont guère quitté leur paroisse que pour le temps du service militaire. A l’armée, peu les ont compris parmi les jeunes gens des villes •
TABLE DES MATIERES
• CEUX DU BOIS
• Le bûcheron • Les scieurs de long • Le charbonnier • Le sabotier • Le menuisier • Le tourneur •
CEUX DU MÉTAL
• Le forgeron • Les couteliers de Thiers • Le chaudronnier-étameur •
CEUX DE LA BATISSE
• Les maçons limousins • Le tailleur de pierre • Les charpentiers et les couvreurs •
CEUX DU VÊTEMENT
• Les dentellières • Le tailleur d’habits.. • Le cordonnier •
CEUX DU VIVRE
• Le meunier • Le fournier, le boulanger • Les vignerons •
CEUX QUI EMBELLISSENT LA VIE
• Le jardinier • Les papetiers d’Ambert • Le potier
• Déjà, au début du siècle, Arsène Vermenouze écrivait : « Je songe qu’il existe à Paris, exerçant un peu tous les métiers, cent mille Auvergnats peut-être, qui ne se sont pas assis dans un pré, sous un hêtre, et qui, trimant, suant, se privant de sommeil, ont oublié comment se couche le soleil. » Vermenouze, Auvergnat, parlait des Auvergnats. Mais les forçats volontaires des villes sont venus de toutes les provinces selon un rythme accéléré entre les deux guerres.
• On n’aime pas les statistiques, parce qu’elles sont brutales comme un médecin au cœur sec. Pourtant, j’ai voulu me plonger dans la grisaille des chiffres, et voici en gros : la superficie des terrains incultes ou laissés en friche a augmenté en France de deux millions d’hectares depuis 1912. En cinquante ans, deux millions de petits propriétaires fonciers ont déserté la terre et la population rurale a diminué de quatre millions d’âmes. Effrayante, cette vérité sans artifices. Mais pensait-on encore à s’effrayer de quelque chose ?
• Si les villageois allaient à Paris porter le meilleur de leur jeunesse à des besognes sans joie, la ville envoyait à la campagne ses produits manufacturés, tout prêts, tout pesés, tout empaquetés. Echange. Mais qui était la dupe, dans cet échange ?
• Dans les pays, on ne trouve plus guère d’artisans que parmi les vieux restés fidèles à leur enclume, à leur moulin, à la paille blonde ou à l’ardoise bleue. Maintenant il faut les attendre longtemps,, car ils ne peuvent être partout à la fois quand le toit laisse passer 1’eau du ciel, lorsque la roue du tombereau s’est cassée dans l’ornière ou que l’humidité a fait jouer le bois de la fenêtre.
• On manque d’hommes de métiers.
• Mais il y a ceux qui des paysans sont le comble. Nés sur leur coin de terre, ils y vivent fièrement, librement, et ils y mourront. Ils n’ont guère quitté leur paroisse que pour le temps du service militaire. A l’armée, peu les ont compris parmi les jeunes gens des villes •
TABLE DES MATIERES
• CEUX DU BOIS
• Le bûcheron • Les scieurs de long • Le charbonnier • Le sabotier • Le menuisier • Le tourneur •
CEUX DU MÉTAL
• Le forgeron • Les couteliers de Thiers • Le chaudronnier-étameur •
CEUX DE LA BATISSE
• Les maçons limousins • Le tailleur de pierre • Les charpentiers et les couvreurs •
CEUX DU VÊTEMENT
• Les dentellières • Le tailleur d’habits.. • Le cordonnier •
CEUX DU VIVRE
• Le meunier • Le fournier, le boulanger • Les vignerons •
CEUX QUI EMBELLISSENT LA VIE
• Le jardinier • Les papetiers d’Ambert • Le potier



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