Description
Référence : 32031
LEBRUN Mathilde – Mes treize Missions
1920, format : 120×190, 285 pages, sans illustration[s].broché, couv. écornée, bon état intérieur
PRÉFACE
• Ce livre de Mme Mathilde Lebrun, Mes treize Missions, est un des plus tragiques et des plus beaux qui aient été écrits sur la Grande Guerre. C’est un récit simple, fait par une femme modeste et de bonne foi, qu’éclaire puissamment une âme héroïque. Veuve d’un sous-officier français, mère de trois fils qu’elle adore, Mme Lebrun, sous le nom de « Simone, de l’armée de Lorraine », a accompli des exploits obscurs, qui ont puissamment contribué à la victoire et qui feront d’elle, dans l’avenir, un personnage légendaire. Elle a risqué treize fois sa vie, en allant treize fois en mission en Allemagne, d’où elle rapporta, à chaque voyage, des renseignements de la plus haute importance. Elle ne savait que quelques mots d’allemand et cette ignorance l’a sauvée. C’est miracle qu’elle n’ait point été surprise dans son difficile labeur, et fusillée. Mais personne ne s’étonnera d’apprendre que le Gouvernement de la République n’a pas encore trouvé le moyen de la récompenser. J’espère cependant, pour l’honneur des dirigeants de mon pays, que cet oubli sera réparé. Personne, mieux que cette extraordinaire combattante, n’a mérité la croix des braves.
• J’ai fait la connaissance de Mme Mathilde Lebrun dans le pire moment de la guerre, au mois de juin 1917, Painlevé étant président du Conseil, sous la haute direction de Caillaux, et Malay ministre de l’Intérieur. La trahison occupait le pouvoir et les avenues du pouvoir. Elle siégeait, depuis le 22 mars, au Comité de guerre avec l’amant de la fille Nelly Béryl et ami d’Almereyda du Bonnet Rouge. Ledit Almereyda, quelques semaines auparavant, avait reçu du président du Bousquet de Florian un solennel blanc-seing, quand ce magistrat peu clairvoyant nous condamnait, Maurras et moi, à l’amende, pour avoir « diffamé » le directeur du Bonnet Rouge, l’agent L. B. 137 de la police allemande, comme, on l’apprit depuis. La Sûreté générale était entre les mains de Leymarie, intime de Malvy, condamné depuis à deux ans de prison par le Troisième Conseil de guerre, pour complicité de commerce avec T ennemi. Les mutineries militaires, savamment combinées place Beauveau, comme Va établi le lieutenant Bruyant, chef de la police du Grand Quartier Général, venaient à peine de prendre fin.
• Parfaitement résolu à faire cesser un pareil état de choses, mais hésitant encore sur le choix des moyens, je reçus, au journal, munie d’une recommandation d’un officier de mes amis, une femme encore jeune, d’aspect solide et franc, à la voix nette et décidée, dont le regard étincelant me frappa. C’était Mme Mathilde Lebrun. Elle me raconta son histoire, celle même que vous allez lire, d’un ton uni, sans indignation. Son ardent patriotisme émanait non seulement du récit, mais de toute sa personne, et de ses yeux, où passait et repassait, comme chez certaines religieuses, une lueur mystique de dévouement, de soif du sacrifice. Ce qu’elle disait était menaçant et terrible, et rencontrait mes renseignements •
• Ce livre de Mme Mathilde Lebrun, Mes treize Missions, est un des plus tragiques et des plus beaux qui aient été écrits sur la Grande Guerre. C’est un récit simple, fait par une femme modeste et de bonne foi, qu’éclaire puissamment une âme héroïque. Veuve d’un sous-officier français, mère de trois fils qu’elle adore, Mme Lebrun, sous le nom de « Simone, de l’armée de Lorraine », a accompli des exploits obscurs, qui ont puissamment contribué à la victoire et qui feront d’elle, dans l’avenir, un personnage légendaire. Elle a risqué treize fois sa vie, en allant treize fois en mission en Allemagne, d’où elle rapporta, à chaque voyage, des renseignements de la plus haute importance. Elle ne savait que quelques mots d’allemand et cette ignorance l’a sauvée. C’est miracle qu’elle n’ait point été surprise dans son difficile labeur, et fusillée. Mais personne ne s’étonnera d’apprendre que le Gouvernement de la République n’a pas encore trouvé le moyen de la récompenser. J’espère cependant, pour l’honneur des dirigeants de mon pays, que cet oubli sera réparé. Personne, mieux que cette extraordinaire combattante, n’a mérité la croix des braves.
• J’ai fait la connaissance de Mme Mathilde Lebrun dans le pire moment de la guerre, au mois de juin 1917, Painlevé étant président du Conseil, sous la haute direction de Caillaux, et Malay ministre de l’Intérieur. La trahison occupait le pouvoir et les avenues du pouvoir. Elle siégeait, depuis le 22 mars, au Comité de guerre avec l’amant de la fille Nelly Béryl et ami d’Almereyda du Bonnet Rouge. Ledit Almereyda, quelques semaines auparavant, avait reçu du président du Bousquet de Florian un solennel blanc-seing, quand ce magistrat peu clairvoyant nous condamnait, Maurras et moi, à l’amende, pour avoir « diffamé » le directeur du Bonnet Rouge, l’agent L. B. 137 de la police allemande, comme, on l’apprit depuis. La Sûreté générale était entre les mains de Leymarie, intime de Malvy, condamné depuis à deux ans de prison par le Troisième Conseil de guerre, pour complicité de commerce avec T ennemi. Les mutineries militaires, savamment combinées place Beauveau, comme Va établi le lieutenant Bruyant, chef de la police du Grand Quartier Général, venaient à peine de prendre fin.
• Parfaitement résolu à faire cesser un pareil état de choses, mais hésitant encore sur le choix des moyens, je reçus, au journal, munie d’une recommandation d’un officier de mes amis, une femme encore jeune, d’aspect solide et franc, à la voix nette et décidée, dont le regard étincelant me frappa. C’était Mme Mathilde Lebrun. Elle me raconta son histoire, celle même que vous allez lire, d’un ton uni, sans indignation. Son ardent patriotisme émanait non seulement du récit, mais de toute sa personne, et de ses yeux, où passait et repassait, comme chez certaines religieuses, une lueur mystique de dévouement, de soif du sacrifice. Ce qu’elle disait était menaçant et terrible, et rencontrait mes renseignements •



Avis
Il n’y a pas encore d’avis.