Description
Référence : 32067
PILON Edmond – Muses et bourgeoises de jadis
1933, format : 125×195, 242 pages, sans illustration[s].demi-reliure, bon état
EDMOND PILON
• Muses et Bourgeoises de Jadis
• MADAME D’AULNOY OU LA FÉE DES CONTES. • AVANT KŒNIGSMARK : SOPHIE – DOROTHÉE. • MADAME GREUZE OU LA « CRUCHE CASSÉE ». • UNE MUSE SOUS LA TERREUR : ÉGLÉ OU ATHÉNAÏS. • SOPHIE DUVAUCEL ET LE SALON DE CUVIER.
• ÉDITIONS EXCELSIOR • — 1933 —
• • PREFACE SUR LE PORTRAIT FÉMININ
• Ce sont des Muses et des Bourgeoises, des Bourgeoises et des Muses ; mais ces Muses ne sont pas toutes bourgeoises. Plusieurs sont de petite noblesse, même il en est de princières : d’abord cette Septimanie ou comtesse d’Egmont qui fit rêver Jean-Jacques, et dont Barrés, en la mettant au nombre des enchanteresses qui connaissent des incantations et placent le secret du monde dans la huppe de l’Oiseau bleu, a parlé bien des fois. « Qu’est devenue Mme d’Egmont ? dit-il. La comtesse d’Egmont, fille du maréchal de Richelieu, était une femme d’une beauté merveilleuse. » Puis, c’est Sophie-Dorothée de Hanovre. Celle-là est de maison royale ; mais aussi c’est une malheureuse, une désespérée ; et les trabans, armés par une ennemie, la comtesse Platen, assassinèrent à coups d’épée son amant, son héros, le beau Philippe de Koenigsmark,
• D’après Horace Walpole, le squelette du comte- Philippe aurait été retrouvé plus tard, inséré sous les lames d’un parquet, à Hanovre, même, dans un cabinet du palais électoral. Quant à Sophie-Dorothée, convaincue d’adultère, elle fut enfermée dans la forteresse d’Ahlden, et durant que George, son mari, devenait roi d’Angleterre, elle vieillit, pauvre femme et fantôme lamentable, • Mais pour ce cœur impulsif, ce cœur passionné, il n’en avait pas toujours été ainsi. Sous un autre ciel, dans un autre climat, Sophie-Dorothée avait connu des amours moins véhémentes et plus exquises, à la française. Plus loin, nous parlerons du marquis de Lassay.
• Le fait est que, sous l’apparence d’une société polie, nombre de ces Muses du XVIIe siècle avaient conservé plus d’un trait des mœurs de la Renaissance. Les mieux éduquées, les plus habituées aux belles manières, se trouvaient tout- à-coup, comme malgré elles, et sans qu’on sût trop comment, mêlées à d’horribles drames. Nous parlions de la huppe de l’Oiseau bleu, de ses enchantements. Pourtant cet Oiseau bleu à la fine aigrette, au plumage d’azur, au bec de saphir, portait sur ses ailes ‘ brillantes quelques gouttelettes du sang de M. d’Aulnoy ; et cette diserte conteuse, cette galante Mme d’Aulnoy, à l’imagination féerique, avait tenté, elle aussi, de concert avec sa mère Mme de Guadagne, de faire expédier ad patres par des spadassins son mari M. d’Aulnoy.
• Comme bien on pense cela fit du bruit. La Muse des fées et des lutins fut appréhendée, jetée même en un cachot de la Conciergerie où des geôliers assez malappris passaient le temps à fumer devant elle et à boire du brandevín à sa santé. Ce qui ne l’empêcha pas, belle et intrigante comme elle était, de s’en tirer à son honneur. Mmo Jeanne Roche-Mazon, qui a publié un charmant livre : En marge de l’Oiseau bleu, nous représente même l’auteur des Fóes à la mode, s’en allant en Flandre, cette année-là, danser joyeusement à un bal costumé que donnait le duc de Buckingham. Car ceux qui voudront tout savoir de ce procès criminel, consigné de façon assez rude sur les registres du Châtelet, en trouveront le récit le plus rigoureux dans le petit écrit que les Cahiers de la Quinzaine ont publié. •
Table des Matières
• PRÉFACE. Sur l’art du portrait féminin Madame d’Aulnoy ou la fée des contes Une Muse bourgeoise : Manon Vangangelt • Avant Kœnigsmark : Sophie-Dorothée • Madame Denis ou « maman » Voltaire • Une Muse royale : Septimauie • Madame Greuze ou « la cruche cassée » Mistress Cook ou les « Heures d’attente » • Une Muse de la Terreur : Eglé ou Mademoiselle de Fontanes • Sophie Duvaucel et le Salon de Cuvier
• Muses et Bourgeoises de Jadis
• MADAME D’AULNOY OU LA FÉE DES CONTES. • AVANT KŒNIGSMARK : SOPHIE – DOROTHÉE. • MADAME GREUZE OU LA « CRUCHE CASSÉE ». • UNE MUSE SOUS LA TERREUR : ÉGLÉ OU ATHÉNAÏS. • SOPHIE DUVAUCEL ET LE SALON DE CUVIER.
• ÉDITIONS EXCELSIOR • — 1933 —
• • PREFACE SUR LE PORTRAIT FÉMININ
• Ce sont des Muses et des Bourgeoises, des Bourgeoises et des Muses ; mais ces Muses ne sont pas toutes bourgeoises. Plusieurs sont de petite noblesse, même il en est de princières : d’abord cette Septimanie ou comtesse d’Egmont qui fit rêver Jean-Jacques, et dont Barrés, en la mettant au nombre des enchanteresses qui connaissent des incantations et placent le secret du monde dans la huppe de l’Oiseau bleu, a parlé bien des fois. « Qu’est devenue Mme d’Egmont ? dit-il. La comtesse d’Egmont, fille du maréchal de Richelieu, était une femme d’une beauté merveilleuse. » Puis, c’est Sophie-Dorothée de Hanovre. Celle-là est de maison royale ; mais aussi c’est une malheureuse, une désespérée ; et les trabans, armés par une ennemie, la comtesse Platen, assassinèrent à coups d’épée son amant, son héros, le beau Philippe de Koenigsmark,
• D’après Horace Walpole, le squelette du comte- Philippe aurait été retrouvé plus tard, inséré sous les lames d’un parquet, à Hanovre, même, dans un cabinet du palais électoral. Quant à Sophie-Dorothée, convaincue d’adultère, elle fut enfermée dans la forteresse d’Ahlden, et durant que George, son mari, devenait roi d’Angleterre, elle vieillit, pauvre femme et fantôme lamentable, • Mais pour ce cœur impulsif, ce cœur passionné, il n’en avait pas toujours été ainsi. Sous un autre ciel, dans un autre climat, Sophie-Dorothée avait connu des amours moins véhémentes et plus exquises, à la française. Plus loin, nous parlerons du marquis de Lassay.
• Le fait est que, sous l’apparence d’une société polie, nombre de ces Muses du XVIIe siècle avaient conservé plus d’un trait des mœurs de la Renaissance. Les mieux éduquées, les plus habituées aux belles manières, se trouvaient tout- à-coup, comme malgré elles, et sans qu’on sût trop comment, mêlées à d’horribles drames. Nous parlions de la huppe de l’Oiseau bleu, de ses enchantements. Pourtant cet Oiseau bleu à la fine aigrette, au plumage d’azur, au bec de saphir, portait sur ses ailes ‘ brillantes quelques gouttelettes du sang de M. d’Aulnoy ; et cette diserte conteuse, cette galante Mme d’Aulnoy, à l’imagination féerique, avait tenté, elle aussi, de concert avec sa mère Mme de Guadagne, de faire expédier ad patres par des spadassins son mari M. d’Aulnoy.
• Comme bien on pense cela fit du bruit. La Muse des fées et des lutins fut appréhendée, jetée même en un cachot de la Conciergerie où des geôliers assez malappris passaient le temps à fumer devant elle et à boire du brandevín à sa santé. Ce qui ne l’empêcha pas, belle et intrigante comme elle était, de s’en tirer à son honneur. Mmo Jeanne Roche-Mazon, qui a publié un charmant livre : En marge de l’Oiseau bleu, nous représente même l’auteur des Fóes à la mode, s’en allant en Flandre, cette année-là, danser joyeusement à un bal costumé que donnait le duc de Buckingham. Car ceux qui voudront tout savoir de ce procès criminel, consigné de façon assez rude sur les registres du Châtelet, en trouveront le récit le plus rigoureux dans le petit écrit que les Cahiers de la Quinzaine ont publié. •
Table des Matières
• PRÉFACE. Sur l’art du portrait féminin Madame d’Aulnoy ou la fée des contes Une Muse bourgeoise : Manon Vangangelt • Avant Kœnigsmark : Sophie-Dorothée • Madame Denis ou « maman » Voltaire • Une Muse royale : Septimauie • Madame Greuze ou « la cruche cassée » Mistress Cook ou les « Heures d’attente » • Une Muse de la Terreur : Eglé ou Mademoiselle de Fontanes • Sophie Duvaucel et le Salon de Cuvier



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