Description
Référence : 32034
RÉMY – Une affaire de Trahison
tome IV
1947, format : 165×245, 412 pages, très nb portraits illustration[s].broché, couv. écornée, bon état intérieur
HUIT DOCUMENTS « Secret ! » HORS-TEXTE (Structure de Service d’Information Gaulliste
Établis par l’Abwehr en déc 1943. Leurs copies ont été vraisemblablement adressées à tous les centres de Gestapo opérant en France.
RÉMY
• Une Affaire de Trahison
• SUITE DES MÉMOIRES D’UN AGENT SECRET AVEC UN POÈME DE JEAN CAYROL
AVERTISSEMENT AU LECTEUR
• On se souvient que la trahison du misérable Capri avait, en juin 1942, a Bordeaux et ailleurs, mutilé gravement notre réseau. Celui-ci avait continué de vivre, presque moribond pendant plusieurs semaines puis, ses blessures pansées, vivifié par un sang nouveau, s’était relevé plus viril et plus actif que jamais.
• Un individu surnommé Guide, dont le misérable Capri tirait peut- être les ficelles, s’introduisit au printemps 1943 dans le groupe de Bordeaux encore mal reconstitué. Dès le mois d’août, il le trahissait. La cellule de Bordeaux fut rayée de la carte du réseau, notre vieille C. N. D. vacilla une fois de plus sur ses bases, mais elle aurait sans doute retrouvé son équilibre si, au mois de novembre, la traîtrise d’un Tilden n’avait fait ce que Capri n’avait pu achever pour sa part. Notre réseau, fruit de tant de peines, de soins patients, de sacrifices et de renoncements, de joies aussi, et des plus pures, fut détruit de fond en comble en quelques semaines. Cet anéantissement fait l’objet de mon livre.
• « Mais, — m’objecter a-t-on, — Tilden a été déporté ? Tilden est mort en Allemagne, partageant le sort des autres ? Comment osez-vous attaquer un mort, qui n’est plus là pour se défendre, qui, lui aussi, a connu les camps de concentration, qui, lui aussi, a tout donné ? »
• Tilden a tout donné, en effet. Il a donné ses camarades. Il n’est pas sûr qu’il soit mort, si nous sommes certains qu’il a bien été déporté. Je ne l’attaque pas, je n’attaque personne. Je n’ai jamais connu Tilden et je ne puis avoir contre lui aucune haine. Je cite simplement les témoignages de ceux qui, de son fait, ont été arrêtés, suppliciés, puis déportés. Je cite aussi des textes dont certains sont en provenance de la Gestapo.
• Tilden a été déporté. Il est peut-être mort. Et après ? Sa déportation ne change rien, n’excuse rien. Le traître, n’ayant plus rien à livrer, considéré comme inutilisable par ses nouveaux maîtres après avoir dépensé ses trente deniers, a subi le sort de ceux qu’il avait trahis pour sauver sa liberté et sa vie. S’il est vrai qu’il soit mort, cette mort ne ressuscitera pas ceux que sa trahison a fait mourir.
• On connaît d’autres cas, beaucoup d’autres, où les Allemands se sont chargés d’apprendre aux traîtres que la trahison paie toujours mal. Davantage ! toujours davantage ! des noms ! d’autres noms ! encore des noms ! Voilà ce que celui qui trahissait s’entendait demander sans répit par le Moloch à quoi il avait sacrifié son honneur en même temps que ses amis. Lorsqu’il n’avait plus rien, ni personne, à trahir, il était à son tour dévoré par l’impitoyable et indifférente machine de la Gestapo,
Table des matières
•
LES DERNIERS JOURS D’OCTOBRE 1943. • Graves inquiétudes d’Alex au sujet des agissements de Renée. • L execution de celle-ci est décidée •
LE LUNDI Ier NOVEMBRE 1943. • Situation de la C. N. D. à Bayonne après la destruction du groupe de Bordeaux. La Gestapo arrête un certain Parsifal qui dirige un réseau en liaison étroite avec la Centrale Coligny, ainsi appelée du pseudonyme de Jean Tillier mon intérimaire à la tête de la C. N. D. Parsifal livre aux Allemands les renseignements qu’il détient sur l’organisation de notre réseau •
LE JEUDI 4 NOVEMBRE 1943. • Arrestation de Robert Bacqué, dit Tilden, chef radio du réseau, surpris en pleine émission radio faite depuis l’appartement de sa maîtresse, Zo, rue La Boëtie. • Au cours des heures qui suivent son arrestation, Tilden établit un rapport détaillé qui va permettre à la Gestapo d’agir contre nos camarades avec la plus extrême vigueur •
LE • VENDREDI 5 NOVEMBRE 1943« • L’opérateur-radio Alain, qui travaille sous les ordres directs de Tilden • est appelé par celui-ci et immédiatement arrêté. Emmené à la Gestapo • du roi de l’avenue Henri-Martin, chez Masuy, il subit deux fois le • supplice de la baignoire sans rien révéler d’autre que l’existence d’un • poste-émetteur dans une maison vide, près de Meaux. • Tout de suite après lui, l’opérateur-radio André Lachaud, dit Junior, • est arrêté chez lui à Chaville avec sa femme et son petit garçon. • Emmené 101, avenue Henri-Martin, il y est interrogé par Masuy et • Bernard avec les brutalités coutumières. Il ne parle pas. • A 7 h. 30 du matin, Emma, qui assure notre liaison avec l’organisation • P. T. T. est appelée au téléphone par Tilden. Celui-ci insiste pour • 1a voir le plus tôt possible. — • • Le matin, vers 10 heures, Masuy et sa bande font irruption à la • Centrale-radio de Tilden, garage S.A.R.V.A., porte Champerret • Une grande quantité de documents est emportee. … • Vers lí heures, Alex – qui assure l’intérim de la direction employé en attendant mon arrivée — entre au garage S.A.R.V.A.
Établis par l’Abwehr en déc 1943. Leurs copies ont été vraisemblablement adressées à tous les centres de Gestapo opérant en France.
RÉMY
• Une Affaire de Trahison
• SUITE DES MÉMOIRES D’UN AGENT SECRET AVEC UN POÈME DE JEAN CAYROL
AVERTISSEMENT AU LECTEUR
• On se souvient que la trahison du misérable Capri avait, en juin 1942, a Bordeaux et ailleurs, mutilé gravement notre réseau. Celui-ci avait continué de vivre, presque moribond pendant plusieurs semaines puis, ses blessures pansées, vivifié par un sang nouveau, s’était relevé plus viril et plus actif que jamais.
• Un individu surnommé Guide, dont le misérable Capri tirait peut- être les ficelles, s’introduisit au printemps 1943 dans le groupe de Bordeaux encore mal reconstitué. Dès le mois d’août, il le trahissait. La cellule de Bordeaux fut rayée de la carte du réseau, notre vieille C. N. D. vacilla une fois de plus sur ses bases, mais elle aurait sans doute retrouvé son équilibre si, au mois de novembre, la traîtrise d’un Tilden n’avait fait ce que Capri n’avait pu achever pour sa part. Notre réseau, fruit de tant de peines, de soins patients, de sacrifices et de renoncements, de joies aussi, et des plus pures, fut détruit de fond en comble en quelques semaines. Cet anéantissement fait l’objet de mon livre.
• « Mais, — m’objecter a-t-on, — Tilden a été déporté ? Tilden est mort en Allemagne, partageant le sort des autres ? Comment osez-vous attaquer un mort, qui n’est plus là pour se défendre, qui, lui aussi, a connu les camps de concentration, qui, lui aussi, a tout donné ? »
• Tilden a tout donné, en effet. Il a donné ses camarades. Il n’est pas sûr qu’il soit mort, si nous sommes certains qu’il a bien été déporté. Je ne l’attaque pas, je n’attaque personne. Je n’ai jamais connu Tilden et je ne puis avoir contre lui aucune haine. Je cite simplement les témoignages de ceux qui, de son fait, ont été arrêtés, suppliciés, puis déportés. Je cite aussi des textes dont certains sont en provenance de la Gestapo.
• Tilden a été déporté. Il est peut-être mort. Et après ? Sa déportation ne change rien, n’excuse rien. Le traître, n’ayant plus rien à livrer, considéré comme inutilisable par ses nouveaux maîtres après avoir dépensé ses trente deniers, a subi le sort de ceux qu’il avait trahis pour sauver sa liberté et sa vie. S’il est vrai qu’il soit mort, cette mort ne ressuscitera pas ceux que sa trahison a fait mourir.
• On connaît d’autres cas, beaucoup d’autres, où les Allemands se sont chargés d’apprendre aux traîtres que la trahison paie toujours mal. Davantage ! toujours davantage ! des noms ! d’autres noms ! encore des noms ! Voilà ce que celui qui trahissait s’entendait demander sans répit par le Moloch à quoi il avait sacrifié son honneur en même temps que ses amis. Lorsqu’il n’avait plus rien, ni personne, à trahir, il était à son tour dévoré par l’impitoyable et indifférente machine de la Gestapo,
Table des matières
•
LES DERNIERS JOURS D’OCTOBRE 1943. • Graves inquiétudes d’Alex au sujet des agissements de Renée. • L execution de celle-ci est décidée •
LE LUNDI Ier NOVEMBRE 1943. • Situation de la C. N. D. à Bayonne après la destruction du groupe de Bordeaux. La Gestapo arrête un certain Parsifal qui dirige un réseau en liaison étroite avec la Centrale Coligny, ainsi appelée du pseudonyme de Jean Tillier mon intérimaire à la tête de la C. N. D. Parsifal livre aux Allemands les renseignements qu’il détient sur l’organisation de notre réseau •
LE JEUDI 4 NOVEMBRE 1943. • Arrestation de Robert Bacqué, dit Tilden, chef radio du réseau, surpris en pleine émission radio faite depuis l’appartement de sa maîtresse, Zo, rue La Boëtie. • Au cours des heures qui suivent son arrestation, Tilden établit un rapport détaillé qui va permettre à la Gestapo d’agir contre nos camarades avec la plus extrême vigueur •
LE • VENDREDI 5 NOVEMBRE 1943« • L’opérateur-radio Alain, qui travaille sous les ordres directs de Tilden • est appelé par celui-ci et immédiatement arrêté. Emmené à la Gestapo • du roi de l’avenue Henri-Martin, chez Masuy, il subit deux fois le • supplice de la baignoire sans rien révéler d’autre que l’existence d’un • poste-émetteur dans une maison vide, près de Meaux. • Tout de suite après lui, l’opérateur-radio André Lachaud, dit Junior, • est arrêté chez lui à Chaville avec sa femme et son petit garçon. • Emmené 101, avenue Henri-Martin, il y est interrogé par Masuy et • Bernard avec les brutalités coutumières. Il ne parle pas. • A 7 h. 30 du matin, Emma, qui assure notre liaison avec l’organisation • P. T. T. est appelée au téléphone par Tilden. Celui-ci insiste pour • 1a voir le plus tôt possible. — • • Le matin, vers 10 heures, Masuy et sa bande font irruption à la • Centrale-radio de Tilden, garage S.A.R.V.A., porte Champerret • Une grande quantité de documents est emportee. … • Vers lí heures, Alex – qui assure l’intérim de la direction employé en attendant mon arrivée — entre au garage S.A.R.V.A.
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