Description
Référence : 32332
DURAND Paul – LA S.N.C.F. pendant la guerre
Sa résistance à l’occupant
1968, format : 135×215, 666 pages, sans illustration[s].broché, dos de couv. légère pliure, bon état intérieur
ESPRIT DE LA RÉSISTANCE
La Guerre – L’Occupation – La Déportation – La Libération
Directeurs : Henri Michel, Boris MIRKINE-GUETZÉVITCH t, Daniel Mayer
LA S.N.C.F. PENDANT LA GUERRE
SA RÉSISTANCE A L’OCCUPANT
PAR PAUL DURAND
PRÉFACE DE LOUIS ARMAND DE L’ACADÉMIE FRANÇAISE
AVANT-PROPOS D’ANDRÉ SÉGALAT, PRÉSIDENT DU CONSEIL D’ADMINISTRATION DE LA S. N. C. F.
OUVRAGE PUBLIÉ AVEC LE CONCOURS DU CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
Dès la mobilisation, la S.N.C.F. eut à remplir son rôle d’organisme militaire traditionnel ; elle sortit des combats de 1940 gravement mutilée mais résolue à aider à la reprise économique du pays avec tous les moyens qu’un occupant avide lui laissait. A tous égards, la personnalité morale de la S.N.C.F. s’opposa à l’autorité allemande : réquisition de personnel, de locomotives, de matières essentielles. La lutte sur le plan général fut quotidienne, et en tous les domaines, encore que, concessionnaire d’un service public, cette société nationale dut souvent s’incliner devant les injonctions de Vichy. Mais cette sujétion ne s’imposait pas aux cheminots eux-mêmes et, dès les premières heures de l’occupation, la résistance individuelle multiplia les actions dommageables à l’ennemi. Passages d’une zone à l’autre, franchissement des frontières, poste et change clandestins, sabotages des voies et des engins, détournement des marchandises allemandes, attaques à main armée, résistance au départ pour le S. T. O., renseignements à destination de Londres, tout ce qui pouvait nuire à l’ennemi fut entrepris. La répression fut violente : fusillés et déportés s’ajoutèrent à la liste des victimes des bombardements de gares. Puis, un jour, les trains s’arrêtèrent ; la grève fut générale. Les armées allemandes regagnèrent difficilement le Reich, gênées jusqu’à la fin par les cheminots.
PRÉFACE
La tâche du préfacier est ici grandement facilitée du fait que dans son introduction et dans sa conclusion, L’auteur a donné lui-même une analyse de son livre où il a clairement dégagé les traits dominants de l’action de la S.N.C.F. durant la dernière guerre, depuis la mobilisation de 1939 jusqu’à la libération du territoire.
La lecture de l’ouvrage m’a permis d’apprécier tout ce que ses six cent cinquante pages avaient nécessité de recherches et d’enquêtes, d’investigations dans des archives dont les vicissitudes de l’occupation n’avaient favorisé ni la constitution ni la garde.
Pendant plus de six années l’auteur a travaillé à cette œuvre qui s’apparente à celles des Bénédictins par la patience et la persévérance qu’il y a consommées.
Je sais combien Paul Durand, fils et petit-fils de cheminot, collaborateur tout un temps de Raoul Dautry, qui inculquait si fortement à son entourage la passion du métier, est attaché au chemin de fer et dévoué à sa cause. Je connais aussi la belle vitalité de son patriotisme. Ces qualités de cœur ont su se conjuguer avec son souci de l’objectivité, de sorte que, si l’ouvrage laisse percevoir, par instants, que les événements sont rapportés par un contemporain qui les a ressentis en leur temps, l’ensemble du travail n’en conservera pas moins une solide valeur documentaire aux yeux de tous ceux qui, dans l’avenir, s’efforceront d’enseigner, avec la philosophie que permet le recul des ans, les grandes leçons de cette époque troublée.
J’avais demandé à l’auteur de ne pas faire une part spéciale au chef de la Résistance-Fer dans les pages de son ouvrage qui traitent de la lutte contre l’occupant et je lui sais gré d’avoir tenu compte de ce désir.
Je n’en suis que plus à l’aise pour reconnaître qu’après avoir très complètement relaté la résistance de la S.N.C.F. en tant que personne morale, il a discerné, dans toute la mesure ou ses difficiles enquêtes lui avaient ouvert les arcanes d’activités essentiellement clandestines, les aspects types et les principaux objectifs de la résistance des cheminots en tant qu’individus.Je voudrais, cependant, souligner particulièrement dans cette préface que l’épopée des résistants actifs du rail s’est intégrée dans un consensus quasi unanime de toute la corporation, forte alors de 400 000 agents, consensus où ces actifs trouvèrent, en maintes occasions dramatiques, la même protection que s’ils avaient été sous le couvert d’un immense maquis ! Ce comportement général mérite d’autant plus d’être honoré que cette collectivité anonyme n’attendait aucune récompense des risques graves souvent encourus.
Il ne faut pas donner un moindre relief à cette constatation que, pendant la période considérée, le pays a été amené à demander aux cheminots, non seulement d’accomplir des efforts indiscontinus, mais encore d’en faire porter le poids, en fonction des événements, selon des axes deforce différents sinon opposés : c’est ainsi qu’ils ont dû reconstruire le réseau national après l’armistice afin qu’il puisse effectuer les transports indispensables à la vie du pays ; puis le saborder, sinon complètement, du moins très gravement, pour gêner les mouvements de l’ennemi lors des opérations sur le front de l’Ouest ; enfin le reconstruire à nouveau en 1944-1945, sur un rythme accéléré, pour permettre la résurrection de la patrie. Ces voltes dans l’effort, que l’on n’a exigées, à ma connaissance, d’aucune autre corporation, du moins avec cette ampleur, ont été effectuées par les cheminots avec le courage, la discipline, je dirais même l’habileté manœuvrière d’une armée aguerrie et elles ont fait l’admiration de la nation. C’est pourquoi elles se reflètent dans la citation à l’ordre de la Nation qui a valu à la S.N.C.F. la croix de la Légion d’honneur et la croix de guerre.
La Guerre – L’Occupation – La Déportation – La Libération
Directeurs : Henri Michel, Boris MIRKINE-GUETZÉVITCH t, Daniel Mayer
LA S.N.C.F. PENDANT LA GUERRE
SA RÉSISTANCE A L’OCCUPANT
PAR PAUL DURAND
PRÉFACE DE LOUIS ARMAND DE L’ACADÉMIE FRANÇAISE
AVANT-PROPOS D’ANDRÉ SÉGALAT, PRÉSIDENT DU CONSEIL D’ADMINISTRATION DE LA S. N. C. F.
OUVRAGE PUBLIÉ AVEC LE CONCOURS DU CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
Dès la mobilisation, la S.N.C.F. eut à remplir son rôle d’organisme militaire traditionnel ; elle sortit des combats de 1940 gravement mutilée mais résolue à aider à la reprise économique du pays avec tous les moyens qu’un occupant avide lui laissait. A tous égards, la personnalité morale de la S.N.C.F. s’opposa à l’autorité allemande : réquisition de personnel, de locomotives, de matières essentielles. La lutte sur le plan général fut quotidienne, et en tous les domaines, encore que, concessionnaire d’un service public, cette société nationale dut souvent s’incliner devant les injonctions de Vichy. Mais cette sujétion ne s’imposait pas aux cheminots eux-mêmes et, dès les premières heures de l’occupation, la résistance individuelle multiplia les actions dommageables à l’ennemi. Passages d’une zone à l’autre, franchissement des frontières, poste et change clandestins, sabotages des voies et des engins, détournement des marchandises allemandes, attaques à main armée, résistance au départ pour le S. T. O., renseignements à destination de Londres, tout ce qui pouvait nuire à l’ennemi fut entrepris. La répression fut violente : fusillés et déportés s’ajoutèrent à la liste des victimes des bombardements de gares. Puis, un jour, les trains s’arrêtèrent ; la grève fut générale. Les armées allemandes regagnèrent difficilement le Reich, gênées jusqu’à la fin par les cheminots.
PRÉFACE
La tâche du préfacier est ici grandement facilitée du fait que dans son introduction et dans sa conclusion, L’auteur a donné lui-même une analyse de son livre où il a clairement dégagé les traits dominants de l’action de la S.N.C.F. durant la dernière guerre, depuis la mobilisation de 1939 jusqu’à la libération du territoire.
La lecture de l’ouvrage m’a permis d’apprécier tout ce que ses six cent cinquante pages avaient nécessité de recherches et d’enquêtes, d’investigations dans des archives dont les vicissitudes de l’occupation n’avaient favorisé ni la constitution ni la garde.
Pendant plus de six années l’auteur a travaillé à cette œuvre qui s’apparente à celles des Bénédictins par la patience et la persévérance qu’il y a consommées.
Je sais combien Paul Durand, fils et petit-fils de cheminot, collaborateur tout un temps de Raoul Dautry, qui inculquait si fortement à son entourage la passion du métier, est attaché au chemin de fer et dévoué à sa cause. Je connais aussi la belle vitalité de son patriotisme. Ces qualités de cœur ont su se conjuguer avec son souci de l’objectivité, de sorte que, si l’ouvrage laisse percevoir, par instants, que les événements sont rapportés par un contemporain qui les a ressentis en leur temps, l’ensemble du travail n’en conservera pas moins une solide valeur documentaire aux yeux de tous ceux qui, dans l’avenir, s’efforceront d’enseigner, avec la philosophie que permet le recul des ans, les grandes leçons de cette époque troublée.
J’avais demandé à l’auteur de ne pas faire une part spéciale au chef de la Résistance-Fer dans les pages de son ouvrage qui traitent de la lutte contre l’occupant et je lui sais gré d’avoir tenu compte de ce désir.
Je n’en suis que plus à l’aise pour reconnaître qu’après avoir très complètement relaté la résistance de la S.N.C.F. en tant que personne morale, il a discerné, dans toute la mesure ou ses difficiles enquêtes lui avaient ouvert les arcanes d’activités essentiellement clandestines, les aspects types et les principaux objectifs de la résistance des cheminots en tant qu’individus.Je voudrais, cependant, souligner particulièrement dans cette préface que l’épopée des résistants actifs du rail s’est intégrée dans un consensus quasi unanime de toute la corporation, forte alors de 400 000 agents, consensus où ces actifs trouvèrent, en maintes occasions dramatiques, la même protection que s’ils avaient été sous le couvert d’un immense maquis ! Ce comportement général mérite d’autant plus d’être honoré que cette collectivité anonyme n’attendait aucune récompense des risques graves souvent encourus.
Il ne faut pas donner un moindre relief à cette constatation que, pendant la période considérée, le pays a été amené à demander aux cheminots, non seulement d’accomplir des efforts indiscontinus, mais encore d’en faire porter le poids, en fonction des événements, selon des axes deforce différents sinon opposés : c’est ainsi qu’ils ont dû reconstruire le réseau national après l’armistice afin qu’il puisse effectuer les transports indispensables à la vie du pays ; puis le saborder, sinon complètement, du moins très gravement, pour gêner les mouvements de l’ennemi lors des opérations sur le front de l’Ouest ; enfin le reconstruire à nouveau en 1944-1945, sur un rythme accéléré, pour permettre la résurrection de la patrie. Ces voltes dans l’effort, que l’on n’a exigées, à ma connaissance, d’aucune autre corporation, du moins avec cette ampleur, ont été effectuées par les cheminots avec le courage, la discipline, je dirais même l’habileté manœuvrière d’une armée aguerrie et elles ont fait l’admiration de la nation. C’est pourquoi elles se reflètent dans la citation à l’ordre de la Nation qui a valu à la S.N.C.F. la croix de la Légion d’honneur et la croix de guerre.
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